Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 21:12

Le 43e Congrès de l’Alto, organisé par la toute nouvelle Association Italienne de l’Alto, a eu lieu du 4-8 octobre dans la ville de Crémone, lieu de pèlerinage pour tous les instrumentistes à cordes.

Il avait pour thème “Connecting Cultures and Generations” (en anglais dans le texte). Nous avons donc eu le plaisir d’assister à des concerts de musique pour alto argentine, brésilienne, espagnole, hollandaise, italienne (bien sûr), polonaise, portugaise (en respectant l’ordre alphabétique). La France était représentée surtout par la canadienne Jutta Puchhammer-Sédillot, qui a présenté un programme de “Morceaux de Concours” composés pour le Conservatoire de Paris (Büsser, Firket, Marteau, Rougnon et Gaubert - pour Enescu il faudra attendre le disque), mais aussi par notre ami écossais Garth Knox, dont le nom fut évoqué à plusieurs reprises comme compositeur de musique pour l’alto.

Pour l’Espagne, ce furent des musiques on ne peut plus idiomatiques pour guitare (Albeniz, Tarrega, Sor, etc)  arrangées pour alto seul et jouées par Marco Misciagna - l’effet étant beaucoup plus virtuose que l’original.

La Hollande fut représentée non seulement par un concert de musique contemporaine, mais aussi par Dana Zemtsov, la plus jeune membre d’une dynastie exceptionnelle d’altistes. Choisie à juste titre comme invitée d’honneur, elle joua entre autre une oeuvre de son grand-père Evgeni, puis la Carmen Fantasy de Waxman, dans l’arrangement pour alto effectué par l’un de ses professeurs, Michael Kugel, lui-même également présent pour jouer son arrangement pour alto et orchestre du Carnaval de Venise op 10 de Paganini dans le concert d’Ouverture ainsi que pour donner une master classe.*

Pour le côté “générationnel”, plusieurs grands noms de l’alto ont proposé des master classes et donné des concerts de musique de chambre avec des altistes plus jeunes. Ainsi Tabea Zimmermann a non seulement magistralement interprété Naturale de Berio, pour alto, percussion et voix enregistrée, mais aussi présenté un concert de musique de chambre pour ensembles d’altos avec trois de ses élèves, avec au programme, entre autres, le Nachtstück op.34 pour quatre altos de Weinzierl,  Viola, Viola de G. Benjamin (avec German Tcakulov) et les Marin Marais Variations pour quatre altos de G. Knox.

Bruno Giuranna, Président honoraire de “l’Associazione Italiana della Viola” et doyen des altistes de son pays, a donné une conférence récital sur les sonates op. 120 de Brahms arrangées pour l’alto, et a joué également les deux quintettes de Brahms pour deux altos, dans la salle de concert du musée du Violon, avec des élèves de l’Academia Walter stauffer, la célèbre école de Cremone. L’interprétation fut exceptionnellement bien soignée.

17 altistes de la classe de Louise Landsdowne, présidente de l’Association britannique, se dont dévoués pour jouer chacun un des 41 caprices de Bartolomeo Campagnoli, une manière astucieuse de les faire tous participer et plus intéressant pour le public qu’on ne pourrait le croire. Cette initiative fut précédée la veille par une présentation de la vie de l’altiste/violoniste en question par  Alicia Maria Valoti, de l’Université de Michigan.

A signaler également des séances pour les “pre-college students” et de nombreux concerts de rue, avec un répertoire souvent original: j’ai remarqué Up Down Sideways Round de G. Knox pour 2 altos, The Entertainer de Scott Joplin pour 3 altos, la Chaconne et un Adagio et fugue en do majeur de Bach pour 4 altos, mais aussi plusieurs mouvements du Sextuor op 18 n°1 de Brahms arrangés par Simon Rowland-Jones pour 6 altos, interprété par les élèves de Birmingham, qui ont aussi proposé Hymnus de Julius Klengel pour 17 altos.

Face à une telle richesse d’événements, sur une période de cinq jours, il est impossible tout mentionner. Je me limite donc au répertoire qui ne m’était pas familier. Ainsi, entre deux Duos de Bruni pour violon et alto, le polonais K. Komnendarek-Tymendorf (avec B Woroch, violoniste) a proposé une Ciaconna de Penderecki, à la mémoire du pape Jean-Paul II.

Nous avons également entendu plusieurs oeuvres d’Alessandro Rolla, compositeur prolifique pour le répertoire

altistique, avec, entre autres, les excellents artistes irlandais du “Duo Collailm” (violon et alto) qui ont ensuite participé au quatuor  (remplaçant l’orchestre) qui accompagnait le Concerto op 3 en Mib, joué de manière persuasive par le siennois Benedetta Bucci dans un concert présenté par le musicologue et bibliothécaire Pietro Zappalà.

Citons le Solo pour Viola d’amore de Georg Friedrich Haas, joué par Luca Sanzò, altiste qui a récemment publié une nouvelle édition révisée des études de Campagnoli chez Ricordi mais aussi un concert de musique de 1919, par Chiara Morandi (Bantock, Bloch, Clarke et Hindemith), des lieder avec alto obbligato (R. Strauss, J. Marx, A. Busch, F. Bridge et C.M.Loeffler, mais sans les deux lieder de Brahms) par “l’AltoContralto Trio” et enfin d’impressionnantes variations sur des thèmes de Leoncavallo (Pagliacci), Donizetti (Don Pasquale), Rossini (Cenerentola, le Barbier) et de Mozart (la flute enchantée) composées et jouées par G. Russo Rossi, actuellement membre de l’orchestre de la Scala à Milan.

 

Parmi les arrangements nouveaux, nous avons découvert une version pour alto et orchestre du Concerto pour violoncelle de Schumann joué par Ettore Causa (italien formé en Suisse, déjà professeur à l’université de Yale aux USA), qui nous a aussi proposé sa version de la Sonate op.38 en mi mineur pour violoncelle de Brahms. Anna Serova a interprété une autre sonate arrangé du violoncelle, en l’occurrence celle de Rachmaninov. Alfredo Zamarra joua sur l’alto la Sonate no 3 pour violon seul d’Ysaÿe et un arrangement de la Sonate pour violon seul en Sol mineur BWV 1001 de Bach, fut jouée par les quatre altos du quatuor “Rinaldo Franci” de Sienne.

Dans le concert final, une quarantaine d’altistes réunis, dirigés par Francesco Fiore, a présenté entre autres, des extraits de l’Arlésienne de Bizet (Adagietto), des Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Wagner (Prélude)  et de Nabucco de Verdi (Va pensiero), avant de terminer par la Marche de Radetsky de J.Strauss.

Comme si cela ne nous suffisait pas, il y a eu en même temps un important Concours pour alto sponsorisé par la ville de Cremone, avec l’orchestre “I virtuosi Italiani” pour accompagner les concertos pour la finale. Ont été récompensé : Matthew Cohen de NY, élève de Cynthia Phelps et Muriel Razavi d’Allemagne, élève de Tabea Zimmermann, qui ont partagé le 2e prix ex aequo. Le 3e prix fut décerné au Français Raphael Pagnon, ancien élève de P-H. Xuereb, actuellement à Berlin.

Last but not least, nos hôtes ont eu la bonne idée de prévoir un Caffè Viola, ouvert à partir de 22h00 tous les soirs. L’endroit idéal pour retrouver à la fois les amis et les plus grands altistes aujourd’hui en activité - qui sont souvent les mêmes, d’ailleurs. Nos remerciements à Dorotea Vismara, altiste de Florence, et aux membres de son équipe, pour avoir mené à bien ce vaste projet.

 

Ross Charnock

 

*Je rajoute pour les aficionados de Youtube que M. Kugel a récemment exécuté sa version pour alto seul (!) de la “Passacaille” de Handel/Halvorsen. Jusque-là, j’avais naïvement cru qu’il fallait la jouer à deux.

 

 

Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 14:47

Le fils de Maurice Vieux, Jean-Claude Vieux, nous adresse le message suivant:

 

Par manque de place chez moi et mes enfants, je dois me résoudre à mettre en vente des tableaux ayant appartenus à mon père.

 
Bien entendu c'est très vivement que je souhaite que ces tableaux deviennent la possession de passionnés de musique, (surtout qu’ils sont d’une valeur estimée très abordable) si tant est que le nom de Maurice Vieux soit encore un peu connu.
 
Je les aurai bien proposé directement, mais je n'ai pas de liste à qui donner l'information, je les ai donc confiés à une salle des ventes.
 
Voici le lien vers cette vente qui aura lieu le 10 février à Drouot, enchères possibles par internet:

 

les lots 151 à 160, sont composés  principalement d'oeuvres de Paul Charavel, grand ami de mon père:

 
 
A noter également, tout particulièrement le lot 158 un tableau de Dennery qu’il a dédicacé  à Maurice Vieux.
Pour les autres tableaux je peux établir, sur demande, un certificat d’authenticité de possession par Maurice Vieux
 
Sans doute avez vous l'opportunité de transmettre cette information,
c'est bien sincèrement que j'espère que ces tableaux qu'il a aimé n'iront pas qu'à des brocanteurs. 
 
 
Bien cordialement
 
Jean-Claude Vieux

 

 

Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 18:07

(Article publié dans le Bulletin des Amis de l'Alto n°11 en juin 1985)

 

L’amitié d’un grand homme est un bienfait des dieux (Voltaire, Œdipe)

 

Les Amis sont dangereux, non point par ce qu’ils vous font faire, que par ce qu’ils vous empêchent de faire (H.Ibsen d’Après Gide)

 

Nous avons, en d’autres occasions, souligné les surprenants résultats obtenus par la recherche musicologique. De fait, pas une année ne s’écoule sans que de nouvelles trouvailles viennent enrichir notre patrimoine; l’engouement est tel que le grand public y porte de plus en plus d’intérêt, au point que non seulement les revues spécialisées en font état, mais souvent aussi les grands médias: il y a peu, le journal télévisé nous apprenait la découverte…aux Etats Unis de Cantates de J.S.Bach encore inconnues.

 

De surcroît, la passion de la recherche a débordé le cadre de la musicologie proprement dite; nombre de musiciens-interprêtes y ont consacré une partie de leur temps et ont à leur actif des trouvailles miraculeuses, comme ce premier concerto pour violon en ré mineur de Mendelssohn, mais au jour et édité en 1952 par Y.Menuhin, ou ce troisième concerto de Paganini retrouvé par H. Szeryng, en 1971 – pour ne citer que les plus notoires.

 

Parmi les innombrables œuvres ainsi exhumées des bibliothèques ou des greniers familiaux, les altistes n’ont pas manqué de s’intéresser au Concerto en Mib majeur pour Alto, orchestre à cordes, deux cors et clavier de Karl Friedrich Zelter, édité en 1952 par H.L.Grahl à Francfort d’après le manuscrit original découvert par MM. Mlynarczik et Kranz. Très vite, parce qu’écrite pour notre instrument, cette partition est devenue un des « classiques » de sa littérature et, du coup, son auteur, jusqu’alors presque inconnu, reconquit une certaine notoriété.

 

Zelter, sa vie, son œuvre

 

Ce musicien, dont on se souvenait à peine qu’il fut l’un des professeurs de F.Mendelssohn, a pourtant accompli une brillante carrière et, de son vivant, était considéré comme l’un des grands maîtres de la musique allemande. Né en 1758 à Berlin, fils d’un maçon, Zelter montre dès son enfance de telles dispositions pour la m usique que son père, bien que l’ayant d’abord initié à son propre métier, le fait travailler avec J.Fr Fasch, directeur de la Singakademie. Devenu après de brillantes études professeur à l’Académie Royale de Prusse, il fonde la Liedertafel, association chorale qui portera par la suite son nom, puis succède à son maître à la tête de la Singakademie, à la mort de ce dernier, en 1800.

 

Outre ses activités au sein de ces institutions, comme pédagogue et chef de chœur apprécié, on peut mettre à l’actif de Zelter l’organisation de la Bibliothèque de Berlin et particulièrement l’enrichissement de son fonds J.S.Bach, grâce auquel le vénérable Cantor, oublié depuis des décennies recouvra sa gloire, fut ardemment étudié par Mozart, Beethoven, Mendelssohn et, surtout par l’effort de diffusion de ce dernier, reconquit la ferveur et l’admiration du public mélomane et de l’élite intellectuelle.

 

Notre musicien dut la situation prestigieuse qu’il a occupée dans le monde musical de son temps à ses succès comme professeur et interprête, mais aussi comme compositeur; il n’est pas certain qu’il l’ait méritée à ce dernier titre; on sait qu’il est l’auteur de lieder, de chœurs, d’une Cantate pour la mort de Frédéric II, d’un Oratorio (L’Ascension), d’un Requiem, d’un Te Deum et…. – bien sûr! – du fameux concerto pour alto.

 

Son rayonnement dans la vie intellectuelle de son époque paraît avoir été considérable si l’on en juge par ses relations avec les écrivains, les philosophes, les poètes et, tout particulièrement avec G.F.Goethe qu’il connut dès 1790, qu’il fréquenta intimement au point que, pendant trente ans, leurs échanges épistolaires ne cessèrent qu’à la mort du poète et consistuent trois volumes d’une précieuse documentation. Devenu correspondant à Berlin du père de Faust, son influence fut telle que ce dernier s’en remettait à lui sur ce qu’il fallait ou non apprécier en musique!

Un tel ascendant n’a, hélas, pas été propice à l’Art et moins aux artistes attirés par le génial poète !

Voici, sommairement, ce que l'Histoire - et l'anecdote- nous apprend sur la manière dont ce "maître à penser musical" guidait son éminent correspondant.

 

 

Goethe et Beethoven

 

Beethoven admirait passionnément Goethe et, dès sa vingtième année, écrivit des mélodies sur des textes du poète. Je vous connais depuis ma plus tendre enfance , lui déclara t-il plus tard.

La lecture du Goethe et Beethoven de Romain Rolland (ed. du Sablier, 1930) est édifiante sur les relations des deux artistes et aussi… sur le curieux comportement de Zelter en cette circonstance. Citons quelques passages significatifs :

Depuis l’enfance, il vouait à Goethe un véritable culte… Au cours d’un entretien avec Rochlitz (musicographe et journaliste), il dira : « Goethe vit en nous et nous devons vivre avec lui….c’est pourquoi il se laisse si bien mettre en musique"

A Bettina Brentano qui, en 1810, lui avait rendu visite, Beethoven exprimera  la fascination qu’exercaient sur lui ses poésies « non seulement par leur contenu, mais par leur rythme… Je suis disposé et excité à composer par cette langue…(et il suppliait): Parlez de moi à Goethe, dites lui qu’il doit entendre mes symphonies". 

 

On connaît les liens d’amitié (amoureuse ?) qui unissaient Bettina – devenue par la suite Mme Achim von Arnim – à l’écrivain. Après avoir rencontré le musicien, elle tente un rapprochement entre les deux hommes. Mais laissons parler Romain Rolland :

Beethoven eut été très près, à cette heure (janvier 1810), de forcer les portes de la sympathie intellectuelle de Goethe, s’il ne s’était trouvé un tiers présent aux entretiens (entre la jeune femme et le poète) qui annihila les efforts de Bettine: Zelter. On sait quelle solide amitié unissait Goethe à ce brave gâche-mortier de la musique ( !)…Zelter resta, jusqu’à la fin, l’unique oracle pour la musique. A sa sincère, son obtuse compréhension, Goethe s’en remettait passivement de ce qu’il devait admirer ou rejeter.. 

 

Zelter, qui connaissait depuis longtemps le compositeur et avait été frappé par son art de l’improvisation, n’en décrêtera pas moins :

Avec admiration et effroi, on voit des feux-follets, à l’horizon du Parnasse, des talents de la plus grande importance, comme Beethoven, employer la massue d’Hercule pour écraser des mouches. On s’étonne d’abord, puis on hausse les épaules de cet étalage de talent pour donner de l’importance à des bagatelles. 

 

Plus tard au sujet de l’oratorio Le Christ au mont des oliviers: Les œuvres de Beethoven sont des monstres dont le père serait une femme ou la mère un homme….une impudicité dont le fond et le but (l’idée et l’intention) sont la mort éternelle

Et Romain Rolland de conclure:

Ce serait à rire si l’on ne pensait dans quelle oreille ce poison était versé !...... Zelter a su trouver en dix lignes tout ce qui pouvait le plus irrémédiablement éloigner Goethe de Beethoven.

 

Malgré tout,  la fameuse entrevue de Teplitz eut lieu. On en connaît le résultat négatif, que Romain Rolland explique: Goethe n’était pas assez musicien pour voir en Beethoven ce que nous voyons aujourd’hui ..

 

Il n’est pas inutile de rappeler cette rencontre – du moins, ce que les uns et les autres en ont raconté :

En juillet 1812, Goethe se rend à Teplitz, convoqué par le grand Duc de Weimar: il doit rencontrer l’Impératrice; Beethoven par hasard y séjourne depuis une semaine; le poète, «curieux collectionneur d’âmes» va le voir et ce premier contact le subjugue:

Je n’ai encore jamais vu – dira t-il- un artiste plus puissamment concentré, plus énergique, plus intérieur.

Beethoven improvise au piano; Goethe le félicite cérémonieusement ….pour son habileté digitale ( !) …du fond musical, pas un mot!

Beethoven est déçu par ce manque d’enthousiasme… Le lendemain, ils font ensemble une promenade ; l’ours génial prend sa revanche: il critique et sermone son interlocuteur pour son humilité envers les hauts personnages qu’ils rencontrent, ses saluts déférents aux aristocrates. Pour donner l’exemple, il aurait enfoncé son chapeau sur la tête en passant devant un groupe où se trouvaient l’Impératrice et l’archiduc Rodolphe (in E.Herriot – La vie de Beethoven – Gallimard). Bien que cet incident ait été contesté, il est bien dans le caractère du musicien, imbu des idées de l’Aufklärung (équivalent des lumières en France) et peu porté sur l’hypocrisie en société; pour lui un artiste ne devait pas se placer dans une situation de subordination vis à vis de la noblesse qui n’avait eu à se donner d’autre peine que de naître. Il reste que les fonctions officielles politico-diplomatiques dont Goethe était investi fui faisaient obligation de sacrifier à la vie mondaine.

 

Toujours est-il qu’entre l’écrivain-penseur et le penseur-musicien, l’incompréhension resta totale; l’entrevue sera la seule, la dernière. Mais il est probable que le poète aurait gardé son estime pour le musicien si Zelter n’avait pas, par ces sacarsmes, détruit le premier élan de sympathie.

 

 

Goethe et Schubert

 

Hélas, les traits venimeux de notre esthète berlinois ne furent pas reservés au seul Beethoven. Schubert en fut aussi la victime et d’autres, comme nous le verrons par la suite.

Schubert n’a pas encore dix-huit ans lorsqu’il découvre Goethe et est enflammé par ses œuvres. Il compose successivement Consolation des larmes, Plainte au Berger, Comme les autres, Marguerite au rouet.

 

Annette Kolb, biographe de Schubert (trad.. D.Van Moppès – Albin Michel, 1952) commente : Il n’est rien au monde de plus goethéen. Un tel phénomène d’absorbtion, de fusion spirituelle, n’a pas son pareil dans l’histoire de la musique. Un génie s’assimile à un autre génie. Le chanteur Vogl discernait là, avec raison, une espèce de seconde vue…. 

 

Lorsqu’en 1816 Schubert eut achevé la musique de quarante-quatre poèmes, ses amis pensèrent que le moment était venu d’en faire hommage à l’auteur. Le chevalier Von Spaun les accompagna d’une lettre dont la plate humilité soulève un sentiment de révolte :

Le soussigné se permet de dérober par ces lignes un instant de votre temps, si précieux, avec l’espoir que le recueil de lieder ci-joint pourrait n’être pas indifférent à votre Excellence…..Les poèmes mis en musique par un artiste de dix-neuf ans à qui la nature prêta des dons que Salieri, le Nestor des compositeurs amena à maturité avec l’amour de l’Art le plus désintéressé…. L’artiste souhaite qu’il lui soit permis de soumettre humblement ce recueil à votre Excellence, dont les magnifiques poèmes ont excercé une influence décisive sur son inspiration… Au cas où le jeune artiste serait assez heureux pour mériter la bienveillance de celui dont l’approbation l’honorerait….. j’ose vous prier de bien vouloir, d’un mot, m’autoriser à l’en instruire.

 

Le style ampoulé de cette lettre (remarque A.Kolb) n’avait évidemment rien pour exciter la curiosité de Goethe.. De telles missives lui parvenaient par douzaines… Denué de culture musicale, il s’en remettait, pour ces choses, à son intendant Zelter qui s’était lui-même – de façon assez ennuyeuse - essayé à la composition et n’était pas homme à aborder autrement qu’avec un regard dédaigneux les lieder de ce rival de dix-neuf ans (op.Cit.)

Et l’envoi resta sans réponse !

 

Nouvelle tentative dix ans plus tard. Ayant publié la musique de Cronos, A Mignon et Ganymède, Schubert l’adresse dédicacée au poète, avec une lettre encore plus pitoyable :

Votre Excellence, si je parvenais, en vous dédiant ces compositions, à vous exprimer mon admiration sans bornes…et, peut-être à obtenir quelque attention pour mon insignifiance, je tiendrais la réalisation de ce souhait comme le plus bel événement de ma vie… 

Cette fois encore, ce fut le silence – et pour cause !- Zelter avait intercepté l’envoi…

 

 

Goethe et Weber

 

En 1811, Carl-Maria von Weber âgé de vingt-six ans, est célèbre au moins dans les états allemands. Il est déjà l’auteur d’un nombre important d’œuvres instrumentales: pièces pour piano, sonates violon-piano, concertos pour basson et pour clarinette, un rondo pour alto, ouvertures, quatuors etc.

 

Ayant entrepris une grande tournée pour affirmer sa renommée de virtuose  (pianiste et même chanteur s’accompagnant à la guitare !), ses pérégrinations en Allemagne du Nord l’amènent à Weimar où Goethe ne daigna pas lui accorder grande attention. Il vaut mieux (écrira le musicien) voir les grands hommes de loin que de près.

 

A n’en point douter, il y eut du Zelter là-dessous car, quelques semaines plus tard, de passage à Berlin, Weber pénètre dans la société chorale Liedertafel pour laquelle il compose des choeurs à quatre et six voix et se heurte à l’hostilité de son directeur (Zelter), ce vieil homme taillé à coups de serpe (A.Coeury – Weber – Alcan, 1925)

 

Adepte du Strum und Drang (philosophie proche de l’Aufklärung déjà cité) ouvert aux idées du Romantisme naissant, ce sont –selon A Coeuroy- ces tendances qui lui aliénèrent Goethe plus que les racontars perfides de Zelter (op.cit.). Admettons, mais soulignons au passage qu’il y eut des racontars et notons cette appréciation sur le Freischütz dans une lettre de notre censeur à son correspondant-poète : un rien colossal tiré d’un petit rien (M. Schneider, Hoffmann,  Juillard, 1979)

 

Il n’est pas excessif de relever avec quelle unanimité les épithètes sans complaisance pleuvent sous la plume des biographes qui se sont penché sur le cas de notre « famulus-musicien ».

 

 

Goethe et Berlioz

 

Ayant publié, en 1829, ses Huit scènes de Faust, première esquisse de la Damnation qui ne verra le jour qu’une vingtaine d’années plus tard, Berlioz adresse sa partition à Goethe qui – inévitablement! - consulte son conseiller. Ce dernier décrête :

Certaines gens ne peuvent indiquer leur présence que par des expectorations bruyantes, des éternuements, des croassements…..M Berlioz paraît être de ces gens là… 

Expectorations, éternuements, croassements….Voilà ce qu’est pour Zelter, la musique du père d’Harold en Italie! La postérité s’est chargée de rétablir la balance entre le maigre créateur imbu de rigidité académique et le musicien français novateur de génie. Mais cette condamnation qui se veut ironique, quasi-infamante, eut l’effet escompté: Goethe laissa sans réponse (ne serait-ce que par simple courtoisie) la manifestation de déférente admiration du musicien que l’Europe entière accueillera et fêtera quelques années plus tard.

 

 

Quelques considérations….morales

 

Un bien curieux personnage, ce Karl-Friedrich Zelter !

Musicien techniquement qualifié, assez heureux pour jouir de la considération du monde intellectuel de son pays, vivant dans l’intimité spirituelle d’un grand écrivain, il fit jalousement le vide autour de celui-ci, s’arrogeant le droit d’écarter de son orbite tous ceux qui, en musique, émergeaient de la banalité ordinaire des besogneux de l’Art.

Fut-il sincère (comme le pense Romain Rolland) et croyait-il de son devoir de séparer le bon grain de l’ivraie  dans l’intérêt du poète ? Ou bien agissait-il sous l’effet d’une jalousie morbide, dénigrant ceux dont il décelait au fond de lui même la supériorité écrasante. La question restera sans réponse.

 

Bon musicien, certes, mais créateur sans imagination, sans inspiration, sans grands dons pour sortir d’un style déjà rétrograde en son temps, Zelter a eu peut-être la malchance de naître en une époque étonnamment riche en personnalités musicales d’exception, d’où émergent les trois « sommets » de l’Art classique – Mozart, Beethoven, Schubert – qui ouvrirent la voie aux grands romantiques. Il est peu douteux qu’il n’eut pas conscience de son état de « manœuvre musical », confronté à la magnificence des grands « architectes » de l’Art des sons.

 

Si pour l’altiste, le Concerto en Mib majeur présente l’indéniable avantage d’avoir été écrit pour son instrument, tranchant ainsi sur le lot quotidien des multiples transcriptions, tombant bien « sous les doigts », mettant habilement en valeur les qualités sonores, on ne peut dire qu’au plan de l’imagination musicale, de l’inspiration, cette partition – qui présente bien des analogies avec le style de Mannheim, antérieur d’au moins une génération -  puisse soutenir la comparaison avec les œuvres qui lui sont contemporaines: songeons à la Symphonie concertante K.364 de Mozart (de deux ans à peine l’ainé de Zelter), à la musique de chambre de Beethoven (auquel il survécut cinq années bien que né douze ans avant lui) et même à Harold en Italie (bien que cette œuvre ait été publiée deux ans après sa mort)…

 

Nous ignorons si les grands maîtres, ses contemporains, tenaient la musique de Zelter en estime. On peut toutefois remarquer que Mendelssohn, son élève déférent et affectueux, qui lui adressait d’Italie de longues missives commentant la musique de la semaine sainte au Vatican, apprenant sa mort, exprime dans une correspondance à ses parents son profond chagrin; mais il s’abstient de faire l’éloge du musicien, du compositeur.

 

Mais Zelter eût-il été un grand créateur, son attitude envers les musiciens qui tentaient d’approcher Goethe n’aurait pas été moins indéfendable. On ne peut s’empêcher de comparer son comportement à celui d’un autre de ses contemporains, Joseph Haydn, qui en pleine maturité de son art, jouissant d’une renommée universelle, déclarait à Léopold Mozart:

Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme: votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse…  (Wolfgang avait alors 29 ans et Haydn, 53 !).

Peu après, le père de la symphonie, répondant aux propositions du directeur du théâtre de Prague qui, ayant renfloué son établissement grâce au succès du Don Giovanni, lui demandait de lui céder un de ses opéras, écrivait: .... Je risquerais d’entrer en compétition avec le grand Mozart… Si seulement je pouvais graver dans l’esprit de tout ami de la Musique… les inimitables travaux de Mozart… par Dieu, les nations rivaliseraient pour avoir ce joyau chez elles (in W.A. Mozart par J et B Massin, Fayard)

On le voit, d’un côté l’exclusivité jalousement défendue de la fréquentation d’un écrivain, de l’autre, la sincérité, la grandeur d’âme au détriment de ses propres intérêts !

 

Il faut mettre un point final à cette lamentable histoire qui ternit l’image d’un bon serviteur de la Musique tout autant que celle d’une des plus grandes figures de la poésie de tous les temps.

La querelle des anciens et des modernes est de toute éternité. Les rivalités entre artistes ont toujours été et sont encore monnaie courante. Mais de tous les antagonismes que l’Histoire a retenus, peu paraissent avoir eu des conséquences aussi désatreuses que celui que nous venons de relater. Comment ne pas songer à ce qu’aurait pu être le fruit d’une collaboration harmonieuse entre Goethe et Beethoven ! L’humanité a probablement perdu la chance de connaître un Faust, drame lyrique né du cerveau de l’auteur de Fidelio….

 

Ps : Au début de cet article, nous avons relevé l’annonce faite pour un journaliste télévisé de la découverte en Amérique de « cantates » de J.S.Bach. En réalité il s’agissait de 38 chorals pour orgue, dont 33 inédits, retrouvés à la Bibliothèque de l’université de Yale (Connecticut). Dont acte !

Moralité: s’il est réjouissant que la grande presse s’intéresse aux choses de la Musique, il faut accueillir avec quelque circonspection les nouvelles qu’elle diffuse.

Par ailleurs, il est surprenant qu’un si grand nombre de compositions soit resté inaperçu dans les archives de l’Université de Yale, dont le Département de la Musique de ne doit pas manquer d’archivistes-conservateurs.

Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 19:11

(Entretien publié dans le Bulletin n°24 des Amis de l’alto en décembre 1998)

 

Jean-Louis, tu n’as pas suivi la formation habituelle des jeunes luthiers. Tu pourrais peut-être nous expliquer ton parcours dans le métier ?

 

Avant d’en venir à la lutherie, j’ai d’abord fait des études de graphisme à l’école Estienne – je peux alors m’accorder la « Mention bien vu ». Puis j’ai pris quelques cours de violon (avec Jacques Borsarello). Et c’est alors que j’ai voulu essayer de construire un violon moi-même, en suivant les instructions que j’ai trouvées dans un livre. Je n’avais jamais travaillé auparavant avec le bois, mis à part un peu de menuiserie simple, des boites peut-être ; alors, pour ce premier essai, je pense pouvoir m’attribuer la « Mention bien essayé ». En tout cas, le résultat ne m’a pas découragé.

 

J’avais la chance de connaître des élèves français qui s’étaient inscrits à l’Ecole de Crémone, et je suis régulièrement descendu là-bas, pendant un ou deux mois chaque année, pour travailler chez eux, en suivant leurs conseils. Je continuais d’y aller, même après leur départ de Crémone, car d’une part j’y avais déjà d’autres amis et de l’autre, à Crémone, on peut apprendre des choses partout, de presque tout le monde, puisqu’il semble que dans cette ville, tout le monde ou presque est luthier. Pour cette période d’apprentissage libre et indépendant, j’ose m’attribuer la « Mention du bois ».

 

Ensuite, j’ai commencé à présenter mon travail à divers concours. En 1985, au Concours International de Crémone, j’étais finaliste, avec une quatrième place. En 1991, j’avais la même place au Concours de Paris. Enfin, en 1994 à Crémone, c’est le jury qui m’a attribué une « Menzione d’onore ». La direction de mon travail prend alors un tournant décisif, ce qui me permet d’obtenir un « Special Award for best sound » au Cello Festival de Manchester en 1996.

 

Et maintenant tu as le respect et l’estime des collègues luthiers de ta génération. Quelle est ton approche dans ce métier actuellement ?

 

Créer est pour moi un impératif ; c’est pourquoi depuis le début, je ne fais que de la fabrication, des instruments neufs. La restauration m’intéresse beaucoup moins. J’ai pu orienter mon travail de plus en plus vers le « sur mesure » (que je distingue du « prêt à porter »). J’ai essayé et je continue d’essayer bien des formes, bien des bois, bien des réglages ; et fort de cette expérience, j’arrive aujourd’hui à satisfaire au plus près les souhaits de mes clients dans toute leur diversité. En fait, c’est surtout pour souligner l’importance de cette recherche perpétuelle que je m’amuse à dessiner chaque année une nouvelle étiquette ; cela donnera peut-être envie aux plus fanatiques parmi mes clients de revenir acheter un nouvel instrument chaque année….

 

Paradoxalement, le fait que je n’ai pas eu un véritable « maître », et que je n’ai pas suivi un apprentissage traditionnel, m’a aidé d’une certaine manière, dans cette recherche de diversité. Cela veut dire, pour commencer, que je n’ai pas eu à « tuer le père » comme on dit.

 

Et plus concrètement, comment cela se passe ?

 

A la suite de plusieurs entretiens avec mon futur client, j’ai collectionné les renseignements qui vont donner le sens de mon travail. Il peut s’agir d’un trait morphologique, ou bien d’une simple phrase qui donne à réfléchir. Par exemple, un client altiste avait repris la phrase de Giuranna (à propos de son Busan) : « la force sans l’effort d’un géant »

Puis, comme un peintre choisit ses couleurs et sa toile, je sélectionne mes bois et mon modèle. Pour moi, il n’y a pas de bois idéal, puisque chaque bois a ses qualités (et ses défauts) ; ils varient du mou-lourd au dur-léger et m’aident à offrir au client une large palette de sonorités.

 

Parmi mes clients, il y a beaucoup de jeunes altistes qui ont souvent des idées assez prècises, non seulement sur la sonorité qu’ils recherchent, mais aussi sur la forme de l’instrument et la facilité dans le jeu. La forme de l’alto est moins fixe que pour le violon ou dans une moindre mesure le violoncelle, alors je peux dire que c’est dans la diversité des demandes pour les altos que se régénère le plus la passion de mon métier.

 

On peut dire que c’est une bonne réponse ! Et pour finir, puisque tu as accepté de sponsoriser cette année notre Concours pour jeunes altistes, que penses-tu de l’idée des concours en général ?

 

Je pense qu’un concours sert d’abord pour rassembler les jeunes musiciens, en l’occurrence des altistes. Je crois même que j’aurai quelques clients parmi eux. A mon avis, cela doit forcèment être bénéfique, déjà dans la mesure où cela permet de se situer par rapport aux autres. En plus, cela incite à se préparer, à faire de son mieux, et même, le cas échéant, à se surpasser. Ensuite, en ce qui concerne les récompenses, il faut admettre qu’il faut avoir de la chance, en quelque sorte. Il faut être en adéquation avec le jury dont le jugement est forcément subjectif. Si on a la chance de décrocher une récompense, c’est tant mieux. Et si cette fois-ci, on n’a pas cette chance, cela ne veut pas dire qu’on a été éliminé du métier. Objectivement, on a rien perdu.

 

En tout cas, c’est dans cet esprit que je me suis présenté moi-même comme candidat à plusieurs concours dans mon secteur; au delà des récompenses et des mentions que j’ai pu recevoir, cela m’a toujours fait du bien. En ce qui me concerne, n’ayant pas suivi le cursus classique comme apprenti avec un grand maître luthier, j’avais besoin de ce contact avec les autres pour m’orienter dans le métier. Et j’en ai toujours besoin. C’est parce que j’estime qu’il y a tout à gagner et rien à perdre, que j’envisage sérieusement d’être plutôt candidat que sponsor au nouveau Concours Maurice Vieux prévu pour l’an 2000.

 

(Propos recueillis par J.Borsarello)

Entretien avec Jean-Louis Prochasson
Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 10:32

 

 

« Mon père a toujours été « dans les vins ». Et bien sûr il aurait voulu que….. !

 

Ma mère tenait, par contre, à ce que je m’approche de la musique. Non pas pour en vivre, grands dieux ! mais parce qu’elle savait que « c’était bien ». Aussi intelligent que compréhensif, mon père opina dans ce sens et voilà que, tout en douceur, je fus mis entre les mains de Marcel Husson, un digne monsieur qui était altiste soliste des concerts classiques de Marseille – c’est dans cette ville que je suis né en avril 1912 – er professeur de violon au Conservatoire du lieu. A l’époque, vous pensez, de l’alto qui s’en souciait ?

 

Après deux ans de violon avec ce professeur, dont le rôle et l’influence ont été déterminants pour le suite du chemin de ma vie, j’ai eu l’occasion d’entendre jouer de l’alto. Ce fut un déclic irrésistible. Du violon à l’alto, il n’y a qu’une quinte à descendre, un pas que je franchis avec enthousiasme, attiré par cet instrument. Non seulement Marcel Husson m’a conduit au 1er prix mais il a su convaincre mes parents qu’il fallait que je monte à Paris pour poursuivre. C’est ainsi que, adieu les vins, j’ai « mal » tourné… »

 

Et c’est ainsi que le destin – Louis Martini, s’il ne prête aucune attention à la chance, croit au destin dur comme fer – le fit arriver du côté de la rue de Madrid pour se faire « étendre » au concours d’entrée, ce qui eut pour effet de le faire redoubler d’ardeur au travail et de réussir l’année suivante. C’était en 1929 et, bien sûr, dans la classe de Maurice Vieux, cet homme immense, recevant extra muros les conseils et les leçons de Pierre Villain, alors soliste à la Société des Concerts.

J’ai toujours été tracqueur. Rien d’étonnant à cet échec. Rien d’étonnant, non plus, que je sois resté cinq ans au Conservatoire ! Mais je ne regrette rien parce que là j’en ai appris des choses et c’était du solide ! 

 

Dans l’illustre maison, Martini obtenait une 1ère médaille de solfège l’année suivante chez Madame Marcou, le 1er prix d’alto en 1934, le 1er prix d’Histoire de la musique aussi, chez Maurice Emmanuel. Et puis attiré par les disciplines de l’esprit, Martini sera également l’élève de André-Bloch pour l’harmonie, de Georges Caussade pour la fugue, de Roger-Ducasse pour l’ensemble instrumental et la composition musicale, de Philippe Gaubert et d’Eugène Bigot pour la direction d’orchestre. Est-ce tout cela , ajouté à une aisance certaine pour apprendre, qui allait éveiller des dons non moins certains pour la pédagogie ? Sans doute, mais dans les propos de cet artiste il convient d’ajouter à son intelligence, une volonté non moins aigüe d’atteindre le but.

 

 ….Figurez-vous que très très jeune, la polio m’a frappé et m’a laissé quelques séquelles, légères heuresement, mais séquelles quand même. Si bien qu’à l’école, dans la cour de récréation, je restais un peu à l’écart, ne pouvant participer à tous les jeux d’enfants, notamment ceux faisant appel à la force physique, à la course à pieds. Pour pallier cette sorte de carence, j’ai voulu de toutes mes forces réussir en classe. C’est ce qui s’est produit et cette volonté ne m’a jamais quitté…. 

 

Roger-Ducasse, à qui Louis Martini voue une touchante vénération avait bien senti cette inclinaison à la pédagogie, à ce besoin de partager le savoir. Le maître a donc poussé l’élève dans ce sens d’autant plus que ...cela allait assurer le bifteck … et par les temps qui couraient, la chose avait son importance ! Résultat : en 1933 Martini est reçu au concours de professorat d’Etat d’enseignement musical dans les lycées et collèges, en 1935, il est reçu premier au concours de professorat d’enseignement musical dans les écoles de la ville de Paris.

Ajoutons encore que vingt ans plus tard, en 1966, Martini allait succéder à Elisabeth Brasseur dans la classe d’ensemble vocal au CNSM. Il y resta jusqu’en 1980.

 

Et l’alto ? C’est bien sûr par là que les choses ont commencé : chez Pasdeloup, puis une bonne année au sein du quatuor Loewenguth, ensuit à la Société des Concerts du Conservatoire au même pupitre que notre ami Maurice Husson. Mais parallèlement, Martini animait nombre de chorales qui remportèrent des succès certains et qui sont probablement à l’origine du tournant de sa carrière artistique.

Ce tournant eu lieu lorsque René Nicoly, peu après le début de la guerre, allait fonder ce remarquable mouvement culturel que sont les Jeunesses musicales de France. Il entendait que ce mouvement ne soit pas seulement une œuvre statique mais qu’à côté des artistes se produisant pour faire entendre la musique au plus grand nombre, il y ait un esprit positif qui se dégageât, par exemple sous forme d’une chorale.

 

Louis Martini, ami de la première heure des J.M.F et de René Nicoly fut chargé par ce dernier de fonder une chorale, sorte d’oasis où des jeunes épris de musique, viendraient travailler, participer, se rencontrer, communiquer, pour se dégager en quelque sorte du climat douloureux et tragique que le pays supportait. Cette chorale vit le jour en 1943, se produisant au sein du mouvement culturel des J.M.F et progressant sans cesse, tellement, qu’à partir de la Libération, elle ne tarda pas à établir sa réputation en se produisant à Paris avec les orchestres des grandes associations parisiennes, en province, à l’étranger et notamment en Allemagne, en Hollande aussi où la chorale obtenait le premier prix au Concours International d’Hilversum en 1953.

 

Cette belle phalange – elle existe toujours !- allait accaparer quasiment toutes les activités de Martini. Il s’attacha, surtout pendant les premières années de la chorale, à travailler et à diffuser les grands psaumes et motets de l’école française des XVIIe et XVIIIe siècles…Mais laissons parler les J.M.F :

 …Nous devons à Louis Martini et à sa chorale J.M.F le renouveau de la musique française du Grand Siècle et ce par les nombreuses œuvres de Michel-Richard Delalande – dont il effectua le premier enregistrement mondial du De Profondis et qui obtint un grand prix du disque en 1946 – d’André Campra, Jean Gilles, Charles-Hubert Gervais et, surtout, Marc-Antoine Charpentier.

Une longue et fructueuse collaboration avec son ami Guy-Lambert, musicologue éminent disparu hélas en 1971, lui permit de donner les réauditions, après 250 ans d’un injuste oubli, d’œuvres parmi les plus importantes de ce très grand, peut-être le plus grand compositeur français du XVIIe siècle : Marc-Antoine Charpentier. On citera, notamment, le célèbre Te Deum, donné en 1948 à la Radio d’abord, puis avec Pasdeloup le 31 janvier 1949. Les critiques élogieuses qui suivirent, incitèrent la firme Erato à demander la réalisation d’un enregistrement. Ce disque eut un retentissement international, obtenant en 1953, le Grand Prix du disque. Les premières mesures de l’ouverture de l’œuvre allaient servir d’indicatif de l’Eurovision….On citera encore, toujours de Charpentier, le grand Magnificat, le Miserere des jésuites, et puis nombre d’autres pages de Bernier, de Giroust de Rameau, bref de 1948 à 1967, Martini et sa chorale obtiennent huit fois le grand prix du disque…… 

 

Tout cela affirmait également les qualités de chef d’orchestre de Louis Martini que l’on vit diriger Pasdeloup, Colonne, Lamoureux, puis partir à Detmold, à Cologne, en Belgique, en Hollande… Mais ce chef ne se limita pas au XVIIe et XVIIIe siècles. Igor Stravinsky fit appel à lui et à la chorale J.M.F pour monter la partie chorale des « Threni » lors de sa création à Paris en 1958 sous la direction de l’auteur. Citons également Maurice Béjart qui lui confia la responsabilité chorale de la IXème dont il donna 28 fois la chorégraphie au Palais des sports en 1967 et 1968.

S’il est impossible de tout citer des œuvres recrées ou dirigées, on peut dire qu’en fait Louis Martini, sa chorale et l’orchestre quand besoin est, n’ont jamais cessé de se produire.

 

 …et l’alto, dans cette mer d’activités ? 

 ..Oui l’alto, il est évident qu’il a été « sacrifié ». Mais il y a encore des élèves et cela permet et m’oblige de ne pas renoncer complètement… 

 

Cet heureux homme et cet homme heureux, débordant de vie, nous a reçu dans le bureau de son appartement d’Asnières, refuge sonore où tout parle de musique et tout y invite. Instruments bien sûr, livres et disques, objets décoratifs et souvenirs précieux, galerie impressionnante de photos dédicacées garnissant les meubles-bibliothèque, les murs. Y trône un superbe portrait de Maurice Vieux…

 

 

... Il faut que je vous fasse voir un document aussi rare que précieux : un mouvement de concerto pour alto que mon maître m’avait confié pour le travailler et le lui jouer, me disant que « s’il existait des concertos de Vieuxtemps pour le violon, il y aurait ceux de Vieux pour l’alto… » Mais, hélas, il semble bien que cela soit resté à l’état de vœu pieux et, connaissant les études écrites pour notre instrument, on peut le regretter !..

La page se tourne parce que le téléphone sonne pour la troisième fois. « …oui, il y en aurait des choses à dire sur cette musique que nous aimons tant, sur tout ce que j’ai fait pour elle, sur tout ce que toujours elle m’a apporté de joies. Non, ne me parlez pas des baroqueux auxquels je ne coirs pas plus qu’à ceux qui affirment que la musique est un art populaire. Quelle musique ? On en finirait pas. Là, je prépare, entre autres, un concert pours mars à la Madeleine. Ce sera la messe Solennelle de Beethoven. Une œuvre grandiose. Quelle densité, quel travail….

Mais vous vous reposez quand » ? … « et le repos éternel alors, qu’en faites-vous ? D’ici là, j’ai encore beaucoup de choses à faire ! 

 

(Article publié dans le bulletin des Amis de l'alto n°15/16 en Mars 1988)

Portrait d'altiste: Louis Martini par Ervino Puchar
Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 12:08

(Article publié dans le bulletin des Amis de l'alto n°27 en décembre 2001)

 

Aujourd'hui professeur d'alto à L'université d'Indiana à Bloomington, Alan de Veritch est un des rares disciples du grand altiste William Primrose à enseigner dans un établissement de grande renommée. Il a été le plus jeune soliste de la Philarmonie de Los Angeles, sous la baguette de chefs tels que Mehta et Giulini.

Je l'ai revu recemment, plus de vingt ans après ma dernière leçon avec lui. Nous avons parlé de beaucoup de choses et notamment de ses élèves, anciens et actuels. En parlant de ses projets, il m'a signalé l'existence de cette interview, disponible sur internet.

J'aimerais faire connaître ce musicien et pédagogue hors pair à mes amis altistes en France, et je remercie Dongmin Kim pour son aimable autorisation. L'interview complète est visible en anglais et en coréen sur le site Ola Viola

                

                                                                                             (Joël Soultanian)

 

 

Ola Viola: Quand vous aviez treize ans, vous étiez le plus jeune altiste à travailler avec le grand William Primrose. Pourriez-vous partager avec nous quelques souvenirs de cet altiste légendaire?

 

Alan de Veritch: Oui, j'ai effectivement rencontré William Primrose pour la première fois quand j'avais treize ans. C'était juste après un concert où j'ai joué le concerto de Handel/Barbirolli à Los Angeles. Il est venu m'écouter et il a été si intrigué à l'idée d'un adolescent déjà soliste (rappelez-vous qu'à cette époque, les jeunes altistes, tout simplement, n'existaient pas) qu'il m'a invité à venir le voir. J'ai, bien sûr, sauté sur l'occasion. Cette rencontre a changé ma vie et a été le début d'une relation éblouissante. J'ai commencé à travailler avec lui tout de suite et ce jusqu'à 18 ans. Nous avons continué à nous voir le plus souvent possible. Primrose était un homme d'une grande qualité. En tant qu'instrumentiste, il était exceptionnel. Comme individu, il était fascinant. Extrêmement intelligent, il avait beaucoup lu et possédait une grande culture. Elégant et aristocrate, dans le meilleur sens du terme, il avait une telle maîtrise de la langue que même ses lettres étaient de véritables chefs-d'oeuvre. Sa vision de l'existence était positive et son regard sur la vie toujours optimiste, même dans les moments de souffrance qu'il a traversé. Avec lui, j'ai appris autant sur la vie que sur l'alto. En 1965, quand William Primrose a été nommé à l'université d'Indiana, il m'a engagé comme assistant. Vous pouvez imaginer à quel point je suis fier d'avoir été choisi pour lui succéder comme professeur en 1994. La plus grand marque d'estime que j'ai jamais reçu de sa part est qu'il m'ait choisi pour jouer à son office funéraire. Ce fut le moment le plus difficile et aussi le plus émouvant de ma vie.

 

Ola Viola: Nous savons que vous avez été un des rares altistes à avoir travaillé directement avec Sir William Walton sur son concerto. Pourriez vous nous en parler?

 

Alan de Veritch: Pendant ma carrière à la Philarmonie de Los Angeles, j'étais invité à jouer un concerto presque chaque année. Une année, on m'a demandé de jouer Walton. Un peu plus tôt dans la saison, l'orchestre était en tournée en Europe. En Italie, un des grands mécènes de l'orchestre a invité les musiciens sur un bateau de croisière pour y passer l'après-midi. Lorsque je suis arrivé, nos hôtes m'ont pris à part et m'ont dit: " Alan, il y a quelqu'un avec nous aujourd'hui que nous avons spécialement invité pour vous. Venez, nous allons vous le présenter." Nous arrivâmes vers l'arrière du bateau où nous attendait un monsieur très distingué. "Alan, voici William Walton". Je n'en croyais pas mes yeux. A ma grande surprise, ils m'ont expliqué que Sir William était par hasard en vacances en Italie, qu'il était très heureux d'apprendre que j'allais jouer son concerto et qu'il voulait s'entretenir avec moi. J'étais ébloui, je serrais la main du compositeur d'un des plus beaux concertos pour notre instrument! Nous avons passé l'après midi à parler de plusieurs éléments du concerto, depuis sa première raison d'être jusqu'à la réécriture de certains accords et passages techniques.

Plusieurs années avant cette rencontre, William Primrose m'avait fait part de ses discutions avec Walton au sujet de cette oeuvre. Il était fascinant de voir quelles étaient les modifications que le compositeur approuvait, et lesquelles il désapprouvait (viola-mment!). Je voudrais rappeler deux choses qui me paraissent importantes dont nous avons discuté ce fameux après-midi en Italie. Walton croyait vraiment en écrivant ce concerto, qu'il allait produire le concerto "que Brahms n'a jamais écrit". De plus, il pensait vraiment avoir pleinement réussi dans cet objectif. Walton voulait faire savoir qu'il n'a révisé l'orchestration que dans le but de faciliter l'exécution par des orchestres plus modestes, et non pas dans un souci d'équilibre vis à vis de l'alto

 

Ola Viola: Les jeunes musiciens ont tendance, encore aujourd'hui, à débuter l'alto à un âge plus avancé que pour le violon ou le violoncelle. A quel âge pensez-vous qu'il est préférable de commencer l'alto et pensez-vous qu'il est plus astucieux de démarrer sur le violon pour changer plus tard?

 

Alan de Veritch: Selon la maturité de l'enfant et la participation supposée des parents, je conseillerais comme âge idéal entre 5 et 8 ans. Pour les enfants qui veulent vraiment jouer de l'alto et vu la qualité des professeurs actuels, il n'y a aucune raison de débuter sur un violon. Les vrais professeurs d'alto sont capables de différencier les instruments et d'instaurer une fierté d'être altiste. Si au début un tel professeur n'est pas accessible, je conseillerais un début d'apprentissage sur le violon.

 

Ola Viola: Pendant vos master classes, vous avez insité sur l'importance de bien visualiser l'imagination, pour pouvoir définir et communiquer les idées musicales. Pourriez-vous nous expliquer ceci un peu et nous donner quelques suggestions à ce sujet?

 

Alan de Veritch: Lors de mes voyages à travers le monde en écoutant de jeunes instrumentistes talentueux, je constate de plus en plus qu'ils sont trop souvent obnubilés par leur main gauche et leur main droite sans se soucier de la musique. Puisque j'ai toujours pensé que la musique prime sur la technique, je cherche toujours le moyen d'aider les élèves à exprimer leurs émotions à travers l'instrument. Je ne dis pas que la technique n'est pas indispensable, seulement j'essaie de faire en sorte que l'élève ne perde pas de vue l'objectif primordial....La Musique! Je pense que pour y parvenir, il faut développer une imagination florissante. Sans cela, notre capacité créative est très réduite. Plus grande est l'imagination de l'artiste, plus grand sera son Art. Sans doute, la meilleure façon de développer cette imagination est tout simplement de s'en servir. Si j'encourage les jeunes musiciens à fermer leurs yeux à chaque fois qu'ils entendent de la musique, c'est pour que leur imagination crée des images en rapport avec ce qu'ils écoutent. Ainsi, ils ne mettront pas longtemps pour dépendre plus de leur propre imaginaire que de leur interprétation. Si nous apprenons à utiliser notre imagination, nous apprenons aussi la visualisation, qui est la manière de percevoir ce que l'on imagine.

 

Ola Viola: Que conseillez-vous aux jeunes musiciens qui souffrent du "trac" ou du stress à l'occasion d'un concours ou d'un concert?

 

Alan de Veritch: Oh! Quelle question stressante! D'abord, presque tout le monde, qu'il soit médecin, avocat, pilote de ligne, enseignant ou vendeur, souffre, à un moment donné, du stress, comme vous dites, du trac qui n'est pas exclusif aux musiciens, simplement peut-être plus fréquent. Lors de mes discussions à ce sujet avec mes élèves, je divise le propos en deux parties. D'abord, nous parlons du stress qui surgit pendant le concert, et ensuite du stress quotidien, qui touche tout le monde. Pour ce qui concerne les concerts, la clé est la préparation. Le meilleur moyen de diminuer le stress est d'être incroyablement bien préparé. si vous êtes en confiance en montant sur scène, vous avez moins le trac. Il y a aussi l'aspect psychique du jeu. J'enseigne une façon de jouer, très naturelle et physiquement détendue. Je pense sincèrement que cette approche donne le meilleur résultat et lorsque l'on joue, on est moins stressé, et donc plus concentré. D'autres facteurs viennent bien sûr en ligne de compte: l'état d'esprit, la fatique et l'hygiène alimentaire. Je sais que beaucoup de musiciens utilisent de la médication pour contrôler le trac; c'est un raccourci par rapport aux recommandations que je viens de faire. Par expérience, bien que ces méthodes puissent être efficaces à court terme, souvent cela ne fait qu'aggraver le problème; à long terme, cela ne peut remplacer toutes mes recommandations.

 

Ola Viola: Votre temps est très précieux. vous avez un agenda bien rempli. Quel est votre secret pour vous maintenir en forme?

 

Alan de Veritch: Probablement la chose la plus importante est la façon dont je gère mon temps de travail. 
C'est pour cela que j'essaie constamment de faire comprendre aux jeunes musiciens l'importance d'un travail organisé, précis, concentré et surtout soutenu. Il se se rappeler que jouer d'un instrument à cordes est une activité physique, voire athlétique. Aucun athlète ne se passerait d'une période d'échauffement, et pour nous, cela devrait être la même chose. Une fois qu'un élève a bien compris cela, il évite de longues heures de travail inutiles, et fait un travail plus concentré et efficace.

 

Ola Viola: Beaucoup de vos anciens élèves sont aujourd'hui des solistes ou chambristes réputés

 

Alan de Veritch: C'est vrai que j'ai la chance d'avoir eu des élèves très doués. Beaucoup ont travaillé durement pour devenir des musiciens très respectés dans tous les domaines musicaux. Il a trois noms que vos lecteurs reconnaîtront certainement, Paul Neubauer, James Dunham et Nokuthula Ngwenyama.

Paul Neubauer a été nommé alto solo du Philarmonique de New York à 21 ans. Il est devenu ainsi le plus jeune soliste de l'histoire de cet orchestre, tous instruments confondus. Il y est resté cinq ans, puis est devenu depuis l'un des solistes les plus renommés du monde. Il enseigne l'alto à la Juilliard School et est membre de la Lincoln Center Chamber Music Sociéty.

James Dunham a été l'altiste du Cleveland quartet pendant les dix dernières années de cet ensemble. Il a enseigné à la faculté du Cleveland Institute et du Eastman Shool à Rochester (NY) et se produit de plus en plus en soliste. Il est actuellement professeur et directeur du département cordes du New England Conservatory of Music à Boston.

Nok Ngwenyama a 23 ans. Elle est la jeune étoile de l'alto, en train de devenir l'une des très grandes altistes de la planète. Comme Paul Neubauer, elle a reçu la prestigieuse Avery Fischer Award. Ce sont les deux seuls altistes à avoir reçu cette récompense. Je suis très fier d'avoir été leur professeur.

 

En conclusion, je pense qu'il est important de respecter et honorer notre art et d'avoir toujours à l'esprit que le but final est de faire de la musique. L'alto peut imiter la voix humaine. Il peut même sonner comme un violon ou un violoncelle. J'aime faire des arrangements pour des ensembles d'altos. J'ai été jusqu'à faire un arrangement du dernier acte de "La Bohème" pour 40 altos! C'est incroyable, comment cela peut sonner comme un orchestre symphonique

 

Enfin je voulais remercier ici le professeur Soonhwa-Oh et l'association Ola Viola. Le travail que vous faites pour l'alto est formidable. Aussi, mes remerciements les plus chaleureux à Dongmin Kim. Mr Kim est un altiste remarquable, qui travaille actuellement avec moi à l'Université d'Indiana

 

Traduction: Joêl Soultanian

 

 

Entretien avec Alan de Veritch (traduction: Joël Soultanian)
Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:15

(Article publié dans le bulletin des Amis de l'alto n°26 en décembre 2000)

 

 

sc00020038.jpg


sc0002236e.jpg

Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 22:10

(Article publié dans le Bulletin des Amis de l'alto n°9 en Avril 1984)

 

Après Georges Blanpain et Maurice Husson, voici, cette fois, Henri Pelas. Sa carrière, son action, attachantes à plus d’un titre, se sont déroulées – mais a-t-il cessé ? rien n’est moins sûr – loin de Paris puisque ce méridional n’a pas voulu quitter le ciel de sa Provence, et comme on le comprend…

Il convient, par ailleurs de dire ou de préciser que ce n’est guère commode de brosser un portrait à distance, le Bulletin n’ayant pas hélas, les moyens financiers d’expédier un « envoyé spécial » entre Avignon et Manosque pour présenter des civilités à Pelas et le prier de raconter. Mais, ce dernier « saisi » par correspondance, a parfaitement compris…

Aussi est-ce lui-même qui se présente, avec sincérité, avec des phrases toutes claires et des mots plein d’émotion pour dire ses premiers espoirs et ses douloureuses difficultés, ses premiers combats, sa confiance et son amour du travail, sa réussite, enfin.

Mais, en le remerciant au nom de notre petite équipe, donnons-lui bien vite la parole !

 

 

 


 photos henri pelas001

« Je suis né au Caire en 1911, de parents provençaux. Mon père qui était ingénieur au canal de Suez, fut démobilisé en 1918 et la famille quitta l’Egypte pour se fixer à Marseille.

J’ai commencé l’étude du violon à l’âge de 7 ans avec un professeur de …mandoline. Nous ne connaissions pas de musiciens qui auraient pu conseiller mes parents. A 13 ans, je décidai d’entrer au Conservatoire de Marseille. Le professeur qui m’entendit…rit beaucoup et me conseilla de tout recommencer. Découragé, j’abandonnai.

Peu de temps après, j’allai à un concert écouter Zino Francescatti. Ce fut une révélation. Je pris des leçons particulières avec Gabriel Rey, le professeur au Conservatoire où j’entrai en octobre 1926.


Parmi mes camarades, il y avait notamment, Maurice Fuéri qui fut le second violon du quatuor Loewenguth, Max Roque, violon solo à l’orchestre de la Radio, Pierre Lantier, professeur au Conservatoire de Paris. Trois ans plus tard, j’obtenais un premier prix à l’unanimité et le prix Ditter et Lorange: un superbe violon.

Après avoir travaillé pendant l’été avec Firmin Touche, je me présentai à la rentrée au Conservatoire de Paris où je réussissais 4e à l’éliminatoire. Quelques jours plus tard, j’étais en pleine tragédie : ma mère mourrait au cours d’une opération chirurgicale. Mon père était mort cinq ans auparavant. Je restai seul, sans ressources, avec des dettes et une grand-mère âgée à ma charge. Inutile de songer au Conservatoire de Paris. Il me fallait gagner ma vie au plus tôt.

C’était en 1929 : crise, chômage et, avec les films parlants, les cinémas, où j’aurai pu trouver du travail, licenciaient leurs orchestres. C’était la misère.

Sur la recommandation de mon professeur, le père d’Henri Tomasi qui recrutait des musiciens pour les bateaux des Messageries Maritimes, m’engagea. C’était inespéré. J’allais manger à ma faim, régler mon loyer et mon précepteur et racheter des meubles car les huissiers avaient saisi les miens.


J’ai donc voyagé comme violoniste pendant un an dans tout le bassin méditerranéen avec un pianiste russe et un violoncelliste tchèque. Mais j’étais terriblement seul. Je décidais donc d’apprendre l’alto.

Je fus accueilli à bras ouverts par le professeur F.Botti. J’entrai au Conservatoire de Marseille en 1930 et en sortis en 1931 avec un premier prix et les félicitations du jury. J’avais dû, pour cela, cesser de naviguer et j’étais altiste à l’Association des concerts classiques de Marseille, qui fonctionnait six mois par an. Le salaire était très modeste. Je me souviens du premier concert avec mes trois mois d’alto : Les Préludes  de Liszt et les traits joués pupitre par pupitre sous la baguette ironique du chef Walter Straram….

 

C’était l’époque où se formait à Marseille le premier orchestre de la Radio, avec 15 musiciens. Je faisais des remplacements puis j’eus la chance d’y entrer par concours comme premier violon. Je signai mon premier contrat en 1933 et, pourvu d’une situation stable, je me mariai.

 

Peu après, mon ex-professeur Gabriel Rey forma le Quatuor de Provence dont je devins le second violon, F.Botti étant à l’alto et J.Silvy au violoncelle. Pour les œuvres avec piano A.Andoli, professeur au Conservatoire et chef d’orchestre se joignait à nous. Nous devions donner sur les ondes une heure de concert par semaine. Les quarttetistes comprendront aisément le travail qu’il fallait s’imposer. Mais cela ajoutait 800 francs par mois à mon salaire net….c’était la richesse !

Je faisais aussi, quelquefois, de la « brasserie », ou jouais en trio dans un salon de thé la réduction des opéras et des mélodies. J’ai fait aussi de la « boite de nuit » : c’était à l’époque où l’on jouait la Czardas de Monti ou la Sérénade de Toselli sous le nez du client. Heureusement, le lendemain, on répétait le quatuor de Ravel.. !

 

Je pense encore maintenant que c’était une bonne école. En faisant de la brasserie comme violon solo, on prenait de l’assurance, le sens des responsabilités. On apprenait à « faire partir » les copains. Le jazz nous fortifiait dans le rythme et les mélodies réveillaient la sensibilité de l’auditoire non mélomane. Le quatuor représentait alors pour moi une récompense.

 

J’en reviens à mon travail à l’orchestre de la Radio comme premier violon. Un jour la direction me fit appeler et me demanda de remplacer le second altiste, Marcel Husson, qui avait eu un accident et un doigt blessé. Me voilà devenu altiste et second soliste.

1939 : la guerre. J’étais réformé mais devais repasser un peu plus tard devant les autorités militaires. L’orchestre de la radio fut licencié. Chômage. Pendant cette période, j’ai même été facteur intérimaire. Ce n’est pas le meilleur souvenir de ma vie, mais c’était la guerre et il fallait vivre. Puis l’orchestre de Radio-Lyon nous ouvrit ses portes. J’y entrai comme 3e alto.

1940 : la débâcle. Quelque temps à l’orchestre de Montpellier puis à la réouverture de Radio-Marseille, je regagnai ma place.

Il y eut le repli, à Marseille, des orchestres parisiens. Comme on manquait d’altistes, j’étais à la fois à l’orchestre de Marseille, au Lyrique et au National que dirigeait Ingelbrecht. Les concerts classiques étaient à l’honneur, les grands chefs défilaient : Paul Paray qui parrainait André Andoli, Münch, Mitropoulos, Klecski etc. et les grands solistes de l’époque.

 

Mon ex-professeur F.Botti qui était soliste, prit sa retraite et, après concours, je devins soliste partout. Je fis à cette époque connaissance de Léon Pascal et travaillai avec lui. Je peux dire que j’ai été le premier à jouer ses Divertissements. Il les composait la nuit et les faisait déchiffrer le matin, après quoi je les recopiai. Je sais qu’il les a remaniés par la suite, avant de les faire imprimer, mais j’en possède la première mouture avec une superbe dédicace.

J’assistai à la formation du Quatuor Pascal et j’écoutais avec enthousiasme le récit de leur tournée au Canada.

Lorsque les orchestres parisiens regagnèrent la capitale, Ingelbrecht me demanda de les suivre. Mais la mer et le soleil comptent beaucoup pour un méridional. Je refusai et restai à Marseille.

 

J’ouvre une parenthèse sur ma maigre contribution à la lutte contre l’occupant: je faisais partie d’un chaîne pour aider les juifs belges à partir pour l’Angleterre par l’Espagne. Ils campaient chez moi en transit. Il y en a eu jusqu’à onze dans l’appartement. C’était d’une inconscience folle car j’habitais en face de la Gestapo et mon voisin était milicien. Il ne m’a jamais dénoncé et je lui ai rendu la monnaie de sa pièce lorsque les F.F.I sont venus le chercher à la Libération.

 

Quelque temps après, les effectifs de l’orchestre de Marseille furent renforcés et trois jeunes altistes, prix de Paris, élèves de Maurice Vieux, arrivèrent. Après concours, je fus nommé super-soliste et, conscient d’assumer justement cette promotion face aux diplômes parisiens qui me manquaient, je commençais à perdre mes complexes.

A cette époque, je donnais régulièrement des récitals à la Radio ainsi que des concerts de quatuor à cordes. Je jouais aussi à la Société de Musique de chambre de Marseille en qualité de deuxième alto, les quintettes de Mozart et Brahms avec les quatuors étrangers de passage de l’époque, tels que le quatuor Vegh.

Une autre épreuve terrible m’attendait encore. Ma femme devait décéder elle-même à la suite d’une opération chirurgicale à l’âge de 33 ans. Je restai avec ma fille qui sortit, elle aussi lauréate des classes de violon et de solfège du Conservatoire de Marseille, mais qui par la suite se consacra à des études médicales.

Je ne me souviens pas exactement à quelle date les orchestres de Radio de province furent supprimés. Autour des années 60. La plupart des musiciens fut reclassé dans les orchestres régionaux et parisiens, mais toujours désireux de ne pas quitter la Provence, je préférai entrer à l’orchestre de l’Opéra, sans concours, en ma qualité de soliste. Mais je demandai à passer le concours pour éviter tout favoritisme.

 

 

Peu de temps avant ces licenciements, une classe d’alto était créée au Conservatoire d’Aix-en-Provence. Je m’étais présenté au concours pour le poste de professeur d’alto, musique de chambre et solfège, mais sans espoir car une concurrente bardée de diplômes parisiens, était déjà sur les rangs. Je l’emportai néanmoins avec des œuvres de Bach, Massis et Quincy Porter pour l’alto et le 1er quatuor à cordes de Beethoven pour la musique de chambre.

Il fallait créer une classe de toutes pièces avec deux élèves au départ. Je restai 10 ans professeur à Aix en Provence et lorsque je quittai ce poste pour être muté à Marseille, il y avait 25 élèves et une classe vivante.

Au cours de ces années, j’avais quitté l’Opéra de Marseille pour celui d’Avignon, désirant vivre dans un village du Vaucluse à mi-chemin d’Aix et d’Avignon.

J’avais également créé un ensemble de musique baroque « Pro Musica » avec flûte, clavecin et trio à cordes, qui fonctionnait surtout l’été et donnait une cinquantaine de concerts par an dans la moitié sud de la France. Nous avons même fait deux tournées à l’île de la Réunion.

 




 

photos henri pelas002

 


 

 

C’est en 1973 que mes ennuis de santé commencèrent à mettre un obstacle à ma vie professionnelle. Une névrite du bras droit, qu’aucun traitement n’a pu guérir, m’obligea à quitter tous les postes de soliste dans les orchestres. Je ne gardai que le poste au conservatoire de Marseille jusqu’à ma mise à la retraite en 1979. Je ressentis cela d’une façon dramatique, tous les instrumentistes heureux de l’être peuvent me comprendre.

 

Beaucoup de joies m’ont été apportées par l’enseignement et je continue à former les élèves et à les conseiller. En dehors de ma famille où les enfants de ma seconde épouse sont devenus, l’un violoniste à l’ensemble instrumental de France à sa formation et pendant plusieurs années, puis professeur au Conservatoire d’Aix en Provence, l’autre professeur de Solfège dans une école municipale de la périphérie parisienne, beaucoup de mes élèves sont aujourd’hui des altistes professionnels dans les orchestres symphoniques et lyriques et certains sont professeurs dans les Conservatoires. Même ceux qui vivant au village, issus de parents paysans ou artisans, sont venus à la musique à partir d’un cours de solfège que je donnais à l’école et que j’ai assuré bénévolement pendant dix ans.

 

Pour conclure, je voudrais dire aux jeunes musiciens de province qui souhaitent faire carrière dans la musique, que les lourds sacrifices que leurs parents doivent s’imposer pour financer leurs études à Paris sont essentiels bien que les temps aient changés depuis ma jeunesse et, surtout, que le travail assidu est l’indispensable complément des dons et du talent ».

 


Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:14

(article publié dans le Bulletin des Amis de l'Alto n°9 en avril 1984)

 

La terre est ronde, on le savait; Moscou est à 2h1/2 de Paris quand Air France vole à la « finesse maximum » mais la courbure de la planète est cependant suffisante pour qu’un monde bascule.

Que le mot luthier n’ait pas sa traduction en russe passe encore, mais que l’alto n’ait pas ses amis associés, quelle horreur !

Des amis, pourtant, nous en avons rencontrés; quand Madame Borrisovski, veuve du fondateur de l’école russe d’alto évoqua le quatuor Beethoven…l’original....Chostakovitch calé sur le tabouret près de la fenêtre, Tchékov passa…..

Rencontre amicale, encore, quand le professeur Tolpygo, dérangé pendant un cours au Conservatoire, arrête tout, envoie quérir sa femme pianiste et nous joue la Sonate de Glinka, juste pour faire connaissance. Amitié toujours quand Gasparo da Salo, exilé dans un étui sous la forme de l’alto de Barshaï nous a souri, nous rappelant ainsi le but de notre présence incongrue sous les combles du Conservatoire Tchaïkovsky. Stradivari, Amati, Vuillaume, Guarneri ont pris l’air ce jour-là, admirés sous une lumière jaunâtre de pensionnat déficitaire…..


....On devrait toujours avoir des oranges avec soi ! (les tatouages en forme de faucille et de marteau à l’éclisse du bas sur certains instruments ne sont que pure coïncidence avec tout régime égoïste centralisateur existant encore).

Quoique luthiers, nous sommes allés au concert !! pour le caviar que l’on y engloutit pour un rouble à l’entracte bien sûr, mais moyennant 5 francs la place seulement pour un programme varié, interprété avec talent et générosité.

La lutherie semble occuper là-bas quelques fonctionnaires disposant d’un seul colorant synthétique, dont la concentration plus ou moins forte permet de faire des raccords de vernis sur une réparation commencée sous Kroutchev; le reste est affaire de travail du soir à la maison et de roubles-or.

Leningrad était une glace à trois parfums : pistache, Venise et bleu d’ailleurs; à propos d’ailleurs il y a un luthier Saint-Petersbourgeois dont les altos ne semblent pas venir de là, sonores et gais comme Polichinelle dont ils portent la bosse.

Le retour d’U.R.S.S laisse perplexe, avec beaucoup de questions sans réponse et l’on se sent « floué » de n’avoir pas pu serrer plus de mains de confrères luthiers, inaccessibles par trop d’attente et de mauvaise grâce d’Intourist.

J’en profite pour faire savoir au type qui ne nous a pas lâchés d’une semelle à travers les rues de Moscou que nous sommes bien arrivés à Paris… Merci d’avoir veillé sur nous !

Pour finir, une recommandation : le verres de vodka se boit d’un trait, en toute occasion, en grand nombre et avec arrière-pensée; âme slave garantie et vibrato assorti.

N.B. : la bouteille n’est pas consignée.

Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article
12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 22:07

sc000c7add

(Théophile Laforge)

 

Théophile Laforge est nommé par l’arrété ministériel du 8 août 1894, professeur de la classe d’alto du Conservatoire de Paris, nouvellement créée. Il y enseigne jusqu’en octobre 1918, date à laquelle Maurice Vieux le remplace par intérim avant d’être officiellement nommé à sa succession par arrété  du 22 octobre 1919. (voir article sur Théophile Laforge sur ce blog)

Voici un petit dictionnaire des élèves qui ont été reçus dans sa classe :

 

 

Artières Louis-Aimé-Jules: né à Lyon, le 3/9/1894. Conservatoire: 3e médaille de Solfège en 1909. Admis en classe d’alto en 1914, 1er prix en 1920. Membre du Boston Symphony (1920-1955). Dédicataire de la 9e des Vingt études de Maurice Vieux. Meurt en 1983.

 

Bailly Georges-Emile: né à Gercourt (Meuse) le 6/12/1891. Conservatoire: 1ere médaille de Solfège en 1905. Alto, Admis en 1909, 1er prix en 1912. Membre de l’orchestre de l’Opéra. Meurt en 1940.

 

Bailly Louis-Octave: Né à Valenciennes la 13/6/1882. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1898, 1er prix en 1899.  Membre de l’orchestre de l’Opéra-comique, puis de l’Opéra. Alto solo des concerts Lamoureux. Membre de la Société des concerts du Conservatoire (1907-12). Altiste des quatuor Capet (1903-11), Geloso (1911-14), Flonzaley (1917-19 puis 1920-24) du Berskhire (1919-20), Misha Elmann (1926) et Curtis. Professeur au Curtis Institute de Philadelphie (1925-40) puis au Conservatoire du Québec (1943-57). Meurt au Québec, le 21/11/1974. Il a créé en 1919 la Suite pour alto et piano d'Ernest Bloch. 

 

Barrier Claude-Ludovic-Henri: né à Orléans, le 1/4/1888. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1905, 1er prix en 1909. Membre des concerts Lamoureux (1911-21) et de l’orchestre de l’Opéra-Comique.

 

Berthelot André: né à Montreuil, le 28/10/1887. Conservatoire: élève en classe d’alto de 1905 à 1907.

 

Blervacq André-François: né à Paris, le 24/6/1898. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1916, 2e accessit en 1917. Membre des concerts Colonne (1921-31)

 

Bonnafé Hippolyte-Gabriel-Marcel: né à Montpellier, le 1/7/1891. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1908, 2e accessit en 1911. Membre de l’orchestre de l’Opéra (jusqu’en 1961).

 

Bouyer Louis-Claude: né à Paris le 24/5/1888. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1906, 1er prix en 1907. 2e soliste à l’orchestre de l’Opéra à partir du 1/6/1908. Membre des concerts Lamoureux.

 

Brisville Maurice-Edmond: né à Cormeille en Parisis, le 31/12/1901. Conservatoire: admis en classe d’alto, 2e accessit en 1913.

 

Brun Pierre-Henri-Félix: né à Montpellier, le 15/10/1878. 1er prix de violon, d’alto et de solfège au Conservatoire de Montpellier (1895). Conservatoire: admis en classe d’alto en 1896, 1er prix en 1898. Membre de l’orchestre de l’Opéra, des concerts Lamoureux (1921-31). Altiste du quatuor Parent (1907-13) puis du quatuor Loiseau. Donne la 1ère audition du Trio à cordes de Jean Cras à la Société Nationale, le 8/1/1927. Meurt le 16/12/1940.

 

Brun Henri-Léon: né à Paris en 1878: Conservatoire: admis en classe d’alto 1895, 1er prix en 1898. Membre de l’orchestre Colonne.

 

Canouet Jean-Alexis-Daniel: né à Saint-Loup (Tarn et Garonne), le 12/10/1890. Conservatoire: alto en classe d’alto en 1908, 1er accessit en 1913.

 

Casadesus Henri-Gustave: né à Paris, le 30/9/1879. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1895, 1er prix en 1899. Membre de l’orchestre Colonne (1897-99). Altiste des quatuors Parent (1902-03), Capet (1893-99, puis 1903, puis 1910-14), Enesco (1904). Virtuose de la viole d’amour. Fonde en 1901 la Société des instruments anciens Casadesus. Directeur du théâtre de la Gaité Lyrique. Auteur de plusieurs pastiches (dont concertos de Jean-Chrétien Bach et de Haendel pour alto). Meurt le 31/5/1947 à Paris.

 

Cézard René-Louis: né à Paris, le 22/3/1899. Conservatoire: 2e médaille de solfège en 1916. Admis en classe d’alto en 1916, 1er prix en 1923. Membre de la Société des concerts. Dédicataire de la 16e des Vingt études de Maurice Vieux

 

Chacaton Louis: né à Moulins, le 17/2/1898. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1916, 1er prix en 1923.  Membre de l’orchestre national et des concerts Colonne. Dédicataire de la 11e des Vingt études de Maurice Vieux.

 

Chantôme Charles-François-Robert: né à Paris, le 15/11/1890. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1907, 1er prix en 1910. Membre de l’orchestre de l’Opéra et des Concerts Lamoureux. Membre du quatuor Duttenhofer. Enseigne à l’Ecole normale de musique.

 

Chazeau Jean-François-Maurice: né à Angoulême, le 26/4/1879. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1896, 1er accessit en 1898. Membre de l’orchestre de l’Opéra-comique à partir de 1899.

 

Coudard, Juliette-Léontine-Célestine: née à Paris, le 18/4/1882. Conservatoire: admise en classe de violon préparatoire en 1896. Admise en classe d’alto en 1900, 2e prix en 1905. Membre des concerts Colonne.

 

Crinière Georges Adrien Léon: né à Vendôme, le 9/9/1894. Conservatoire: 1ere médaille de solfège en 1910. Admis en classe préparatoire de violon en 1907, 2e médaille en 1909. Admis en classe supérieure de violon en 1910, 1er accessit en 1913. Admis en classe d’alto en 1913, 1er prix en 1914. Fondateur du quatuor Crinière.

 

Denayer Frédéric: né à Paris le 9/3/1878. Conservatoire: admis en 1895 en classe d’alto, 1er prix en 1897. Membre de l’orchestre de l’Opéra à partir de 1898, des Concerts Colonne, du Boston Symphony (1919-21) puis alto solo de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam (à partir de 1928). Membre des quatuors Parent (1897-1901) et Hayot (1904-09). Donne en 1898 la 1ere audition du 2e Quatuor à cordes de Vincent d’Indy et en 1900 du Quatuor à cordes de Chausson. Meurt à Naarden (Amsterdam) le 9/11/1946.

 

Desnoyers Fernande-Louise-Madeleine: née à Paris le 2/12/1887. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1905, 2e prix en 1909.

 

Dony Paul-Marie: né à Fontainebleau, le 2/10/1895. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1914, 1er prix en 1918.

 

Drouet Georges-Louis: né à Bussy-St-Georges, le 24/4/1882. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1898, 1er prix en 1902. Membre de la Société des concerts (1911-1942). Membre des quatuors Mendels, Lejeune et Firmin Touche. Professeur d’alto à l’école supérieure de musique et de déclamation.

 

Dumont Thérèse-Marie-Vulfranie: née à Abbeville, le 4/9/1888. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1905, 1er prix en 1908.

 

Feillou Jean-Bernard: né à Toulouse le 21/3/1887. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1905, 1er accessit en 1906.

 

Fourel Auguste-Louis-Georges: né à Grenoble, le 19/6/1892. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1911, 1er prix en 1913. Membre du quatuor Krettly et des Concerts Lamoureux. Membre du Boston Symphony (1921-53). Meurt en 1955.

 

Garanger Hélène-Louise: née à Ezy sur Eure, le 10/5/1891. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1909, 1er prix en 1912.

 

Gay Jean-Achille-Louis: né à Paris, le 14/9/1893. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1912, Prix d’excellence en 1919. Alto solo des concerts Sechiari. Altiste du quatuor Crinière. Professeur d’alto au Conservatoire de Lyon. Dédicataire de la 1ere des Vingt études de Maurice Vieux.

 

Ghilevitch David: né à Rostov sur le Don (russie) le 10/1/1899. Conservatoire: Admis en classe de violon en 1912, 1er accessit en 1916. Admis en classe d’alto en 1917, 2e prix en 1918.

 

Godichaud  Fernand-Félix: né à Angoulême, le 25/5/1883. Conservatoire: élève en 1901-02. Membre des concerts Pasdeloup.

 

Grout Pierre-Emile-Jean: né à Paris le 26/6/1892. Conservatoire: 3e médaille de Solfège en 1908. Admis en classe d’alto en 1911, 2e prix en 1914. Membre du Quintette Pierre Jamet. Participe entre autres en 1925 à la création de la Sérénade op.30 de Roussel et en 1930 à celle du Quintette de Jean Cras.

 

Haas Robert: né à Genève, le 27/11/1877. Conservatoire: Admis en classe d’alto en 1896, 2e accessit en 1897. Membre du quatuor Marc Odier (Genève).

 

Job Yvonne-Germaine: née à Rambervillers, Vosges, le 7/5/1897. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1916, 1er prix en 1918. Membre de l’orchestre Radio-Lyrique.

 

Jurgensen Philippe-André: né à Paris, le 25/2/1886. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1902, 1er prix en 1906. Membre de la société des concerts (1912-20), alto solo des concerts Pasdeloup et de l’orchestre de l’Opéra-comique. Membre du quatuor Marcel Chailley. Participe à la création en 1915 du 2e quatuor de Milhaud.

 

Kohler Jean: né à Coye, Oise, le 5/8/1899. Conservatoire: élève en classe d’alto en 1907-08

 

Lefèvre Jeanne-Victorine: née à Douai, le 20/7/1882. Conservatoire: 1e médaille de solfège en 1903. Admise en classe d’alto en 1900, 2e accessit en 1903.

 

Lefranc Jean: né à Saint-Quentin, le 28/3/1884. Conservatoire: admis en 1901, 1er prix en 1907. Alto solo des Concerts Colonne, membre de l’orchestre de l’Opéra-comique puis du Boston symphony (1925-47). Membre du quatuor Lejeune. Donne la création française en 1924 de la Suite pour alto et orchestre de Bloch.

 

Le Guyader Beatrix-Victoire-Charlotte: Née à Lille, le 2/6/1890. Conservatoire: alto, admise en 1908, 1er prix en 1913. Professeur à l’Ecole supérieure de musique et de déclamation.

 

Lutz Marguerite-Charlotte: née à Pantin, le 5/10/1896. Conservatoire: 1ère médaille de solfège en 1910. Admise en classe d’alto en 1915, 2e prix en 1919. Membre du quatuor Capelle avec lequel elle donne la 1ère audition en 1919 du 1er quatuor d'Honegger et du 4e quatuor de Milhaud. (Voir article sur le blog)

 

Macon Emile-Arthur: né à Paris le 22/5/1885. Conservatoire: 1ere médaille de solfège en 1900. Alto, admis en 1903, 1er prix en 1905. Membre de l’orchestre de l’Opéra-comique, de la Société des concerts. Solistes des Concerts Pasdeloup. Membre des quatuor Wuillaume et Poulet. Joue de la viole d’amour et du pardessus de viole dans la société « violes et clavecin ».

 

Maibaum Louise-Désiré: née à Paris, le 7/6/1892. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1911, 2e prix en 1916.

 

Marchet Léon-Arthur Gaston: né à Reims, le 18/2/1881. Conservatoire: 1ere médaille de solfège en 1900. Admis en classe d’alto en 1898, 1er prix en 1902. Membre de la Société des concerts. Membre du quatuor Heymann. Donne la 1ere audition du Quatuor à cordes de Ravel, à la Société nationale, le 5/3/1904. Elève de Pierre Monteux qui le prépare au Conservatoire.

 

Massis Amable-Pierre-Eugène: né à Cambrai, le 2/6/1893. Conservatoire: Admis en classe d’alto en 1910, 1er prix en 1911. Membre des quatuors Carembat et Poulet. Fondateur du Conservatoire de Troyes (1920). Inspecteur général de l’enseignement au Ministère des Beaux-Arts. Meurt en 1980.

 

Masson Gilberte-Romaine-Paule-Alexandrine: née à Persan (seine et Marne), le 15/9/1892. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1909, 1er prix en 1913.

 

Mayeux Charles-Emile-Paul: Né aux Sables d’Olonne, le 20/8/1889. Conservatoire: 1ère médaille de Solfège en 1905. Admis en classe d’alto en 1907, 1er prix en 1911. Membre des Concerts Colonne.

 

Michaux René-Georges : né à Versailles, le 21/12/1881. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1899, 1er prix en 1901. Membre de l’orchestre de l’Opéra (à partir de 1901), de la Société des concerts (1909 -1936). Membre du quatuor Wuillaume-Feuillard. Joue de la Viole d’amour. Meurt en 1939.

 

Michel Albert-Charles-Henri: né à Orléans, le 12/2/1877. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1895, 1e accessit en 1897. Membre des Concerts Lamoureux.

 

Migard Alfred: né à Paris, le 9/11/1878. Conservatoire: 2e médaille de violon préparatoire en 1895. Admis en classe d’alto en 1897, 1er prix en 1898. Membre de la Société des concerts (1909-1924), soliste de l’orchestre de l’Opéra-comique. Membre des quatuors Soudant et Sailler. Meurt en 1924.

 

Moineau Jean-Joseph-Albert: né à Nancy, le 7/11/1894. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1913, 2e acc. en 1914. Mort pour la patrie en 1918.

 

Monfeuillard René-Léon-François: né à Vouziers (Ardennes), le 17/3/1886. Conservatoire: 1ere médaille de Solfège en 1899. Admis en classe d’alto en 1904, 1er prix en 1907. Membre des Concerts Colonne et du quatuor Muller. Professeur de solfège au Conservatoire de Strasbourg. Chef d’orchestre. Meurt en 1958.

 

Moris Yvonne-Jacqueline: née à Paris, le 21/1/1895. Conservatoire: Admise en classe d’alto en 1914, 1er prix en 1919.

 

Munch Marie-Blanche-Genevieve: née à Paris, le 21/4/1896. Conservatoire: admise en 1916, 1er prix en 1917. Membre des quatuors Bastide et Wuillaume. Joue de la viole d’amour.

 

Nehr Thérèse-Jeanne: née à Bidache (Hautes pyrénées) le 17/2/1893. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1911, 1er prix en 1914.

 

Nicholas Louis-Emmanuel: né à Paris, le 8/8/1891. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1908, 2eprix en 1911.

 

Niverd Adolphe-Lucien: né à Vouziers (ardennes), le 20/9/1879. Conservatoire: élève en classe d’alto en 1895. Elève en composition de Widor. Directeur du Conservatoire de Tourcoing (1927-42). Meurt à Paris, le 22 mai 1967.

 

Parmentier Jean-Paul: né à Paris, le 25/1/1891. Conservatoire: 1ere médaille de solfège en 1912. Admis en classe d’alto en 1907, 1er prix en 1911. 2e prix de chant en 1917. 2e prix d’Opéra-comique en 1913. Prix d’excellence de déclamation lyrique en 1917. 1er accessit d’Histoire de la musique en 1917.

 

Pascal Léon-Guillaume: né à Montpellier, le 18/1/1899. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1915, 1er prix d’excellence en 1918. Membre de la Société des concerts, des concerts Lamoureux, Colonne et de l’orchestre de l’Opéra-comique. Soliste des concerts Pasdeloup. Altistes des quatuors Chailley (1917-22), Calvet (1923-40). Fondateur du quatuor de la Radiodiffusion française, quatuor Pascal (1941-51). Professeur d’alto au Conservoire de Paris (1951-1969). Donne entre autres, la 1ere audition du Sextuor à cordes et du 3e quatuor de Vincent d’Indy. Meurt le 15 septembre 1969. 

 

Pétain Raymond-Henri: né à Paris le 5/4/1896. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1913, 1er prix en 1915.

 

Pollain René: né à Nancy, le 6/11/1882. Conservatoire: Admis en classe d’alto en 1900, 1er prix en 1904. Membre des concerts Colonne. Professeur d’alto au Conservatoire de Nancy (1909-19). Directeur musical du New Jersey Symphony Orchestra (U.S.A) (1929-40). Il a Transcrit le 1er concerto pour violoncelle de Saint-Saëns pour alto et piano (Paris, Durand, 1903). Meurt en 1940.

 

Ricardou Jean-Louis Viala dit: né à Toulouse le 3/7/1886. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1903, 1er accessit en 1905.

 

Rebner Adolphe: né à Vienne (Autriche), le 21/11/1876. Conservatoire: élève en classe d’alto en 1895

 

Roelens Alexandre-Gabriel: né à Paris, le 16/11/1881. Conservatoire: Admis en classe d’alto en 1899, 1er prix en 1904. Membre de la Société des concerts, 3e soliste de l’orchestre de l’Opéra (1928-1942). Membre des quatuors Lucquin, Mendels, Calvet et Tourret. Joue de la viole d’amour.

 

Rousseau Lucien-Marcel: né à Angers, le 31/3/1884. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1902, 1er prix en 1908. Membre des concerts Lamoureux. Mort pour la France en 1914.

 

Schoenenberger Ida: née à Paris, le 24/2/1893. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1912, 1er prix d’Excellence en 1916. Alto solo de l’Orchestre de Paris. Altiste du quatuor Talluel.

 

Schreiber Hilda-Hélène-Louise: née à New York, le 27/2/1890. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1908, 1er prix en 1910.

 

Senard Maurice-Claude: né à Rouen le 3/3/1890. Conservatoire: élève en classe d’alto de 1907 à 1909.

 

Siohan Robert-Lucien: né à Paris, le 27/2/1894. Conservatoire : 1ere médaille de solfège en 1908, 3e médaille de violon préparatoire en 1912. Admis en classe d’alto en 1912, 1er prix d’excellence en 1918. 2e prix d’harmonie en 1914. 1er prix de contrepoint en 1919. Donne la 1ere audition du Quatuor n°1 de Milhaud en 1913 avec l’auteur au violon.  Chef d’orchestre, il dirige la création du Roi David d’Honegger en 1924. Il fonde les Concerts Siohan en 1929. De 1932 à 1946, il est chef des chœurs à l’Opéra de Paris. Professeur de déchiffrage au Conservatoire à partir de 1948 à 1962. Inspecteur de l’enseignement musical (1962-1964). Meurt en 1985.

 

Speyer Marius-David: né à Paris, le 28/4/1892.  Conservatoire: élève en classe d’alto de 1910 à 1912.

 

Taine Georges-Jules: né à Valenciennes, le 24/3/1888. Conservatoire: 3e médaille de solfège en 1908. Admis en classe d’alto en 1905, 1er prix en 1908. Membre de l’orchestre de l’Opéra-comique à partir de 1905. Membre du quatuor Krettly.

 

Tilman Joseph-Alfred-Désiré: né à Amiens, le 22/10/1884. Conservatoire: élève en classe d’alto de 1902 à 1905. Professeur d’alto au Conservatoire d’Amiens.

 

Verney Romain-Joseph: né à Paris, le 29/3/1878. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1896 : 2e prix en 1899. Membre des concerts Colonne.

 

Vieux Maurice-Edgar: né le 14/4/1884 à Savy-Berlette (Pas-de-Calais). Conservatoire: admis en classe d’alto en 1899, 1er prix en 1902. Membre des Concerts Lamoureux, Alto solo de l’orchestre de la Société des concerts (1905-1914). Alto solo de l’orchestre de l’Opéra (1908-1949). Altiste des quatuors Parent, Firmin Touche, Marsik-Hekking, et Tourret. Donne la 1ere audition du Quintette avec piano de Florent Schmitt (1909) du 2e Quintette (1921) et du Quatuor à cordes (1925) de Gabriel Fauré. Succède à Laforge comme professeur d’alto au Conservatoire (1918-1951). Publications: Vingt études pour alto (1927), Dix études sur les traits d’orchestre (1928), Dix études sur les intervalles (1931), Six études de concert (1932).

 

Viguier Lucien-Robert: né à Paris, le 18/8/1879. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1895, 2e prix en 1897. Membre des concerts Lamoureux.

 

Villain Pierre-Louis-Théodore: né à Paris, le 14/1/1898. Conservatoire: admis en classe d’alto en 1916, 1er prix en 1917. Alto solo de  l’orchestre de la Société des concerts (1920-1949). Membre des quatuors Carembat et André Pascal.

 

Vizentini Pierre-José-HENRY dit: né à St Petersbourg (Russie) le 5/4/1886. Conservatoire: 1ère médaille de solfège en 1903. Admis en classe d’alto en 1904, 2e prix en 1906. Membre de l’orchestre de l’Opéra-comique (1921-1942).

 

Waël Germaine-Berthe-Adélaïde-Désirée: née à Macon, le 9/9/1896. Conservatoire: admise en 1915, 2E accessit en 1916. Membre de l’orchestre de Paris.

 

Wetzels Suzanne-Charlotte: née à Paris, le 6/1/1891. Conservatoire: admise en classe d’alto en 1913, 2e prix en 1915.

Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article

Les Amis de l'Alto

 

Bienvenue, chers collègues de la clé d’ut 3, sur ce blog destiné à tous les altistes (étudiants, amateurs, profes-
sionnels…) et amis de l’alto.

Vous y trouverez des informations sur l’actualité altistique, les activités de notre association (concours, articles parus dans les bulletins précédents etc…) ainsi que des pages consacrées au répertoire et au matériel pédagogique existant ou à venir. Il est bien entendu ouvert à toutes vos suggestions et aux informations que vous souhaitez y diffuser.


Bon voyage, donc, chers «altonautes», dans ce nouvel espace que nous voulons créer et développer avec vous et que nous désirons le plus proche de vos souhaits.


Altistiquement vôtre,

Michel Michalakakos.

 



Le concours National des Jeunes Altistes 2014 se déroulera au CRD d'Aix-en-Provence

Recherche

Partenaires