Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 08:35

sc0000f55a.jpg

 

« Lionel Tertis : the first great virtuoso of the viola», de John White, The Boydell Press, 2006 (ouvrage en anglais disponible sur Amazon)

 

présenté par Ross Charnock dans la lettre d'Harold n°15 en juin 2007

 

Lionel Tertis, le premier des grands altistes nous avait déjà laissé plusieurs écrits importants sur l’alto (Cindarella no more, 1953), et sur sa propre vie (My viola and I; a complete autobiography, 1974). Ce nouveau livre est bien plus fiable et nous fournit beaucoup plus d’informations. Il comporte 310 pages de texte, 52 illustrations photographiques et des appendices précieux concernant les altos utilisés, les dessins pour l'alto modèle Tertis, ses concerts radiophoniques de 1924 à 1973, sans oublier les détails sur le Concours Tertis avec des précisions sur les membres des jurys et les noms des lauréats à partir de 1980, le tout pour un total de plus de 400 pages. La discographie chronologique, de 1919 à 1960 s'étend sur 12 pages. L'auteur de cette biographie exemplaire est John White, altiste fondateur du quatuor Alberni, longtemps professeur à la Royal Academy lui-même, et actuellement pilier des associations d'altistes en Angleterre et au niveau international. Signalons la participation à cette entreprise de Tully Potter, l’auteur de la préface.

Lionel Tertis est né en Angleterre (d’origine juive-russe) en 1876, le même jour que Casals, qu'il connaissait bien, et avec qui il avait souvent l'occasion de jouer. Comme Casals, il a vécu très longtemps, jusqu'en 1975. Il fut d'abord pianiste, à un niveau qui lui permit de quitter la maison familiale afin de gagner sa vie dès l'âge de 13 ans, avec l'objectif premier de prendre des cours de violon. Quasi autodidacte à l’alto, ayant commencé relativement tard, il est devenu professeur de cet instrument à la Royal Academy à partir de 1899. Il prit comme modèle de sonorité le violoniste Fritz Kreisler, qui avait la particularité de vibrer toutes les notes.

Reconnu au niveau international avant la première guerre, Tertis eut comme partenaires de musique de chambre des musiciens comme Thibaud, Rubinstein, Ysaÿe, Casals. Les meilleurs compositeurs lui dédiaient déjà des oeuvres importantes. Il a joué la Concertante  avec tous les plus grands violonistes (y compris le jeune William Primrose en 1928, à la Salle Pleyel au Concerts Lamoureux, dirigé par Beecham - le programme de ce concert figure parmi les illustrations). Pour son enregistrement de cette oeuvre avec Albert Sammons, il a utilisé les cadences (romantiques) de J. Hellmesberger, les musicologues n'ayant pas encore découvert les cadences originales.

Atteint par une forme de fibromatose, qui le gênait pour la main droite, Tertis annonça sa retraite en 1937, dans une lettre adressée au journal le Daily Telegraph (il n'avait que 61 ans). Il continua cependant à jouer en public à des moments importants, comme pour son deuxième mariage, à l'âge de 82 ans (la mariée, Liliane, violoncelliste, en avait 39). On l’a entendu pour la dernière fois à l'âge de 88 ans, en duo avec sa femme, à la London Philharmonic Society, au cours d'une conférence sur le "Modèle-Tertis". En effet, après sa "retraite", tout en continuant d’enseigner, il consacra sa vie, avec autant d'enthousiasme, à la conception des instruments. En collaboration avec le luthier anglais A. Richardson, il fit fabriquer des altos de dimensions spécifiques, le "Tertis model viola". Les luthiers anglais en ont fabriqué des milliers, distribués dans le monde entier.

L'impression générale est celle d'un homme réservé mais "persistant" au point d'être têtu. Il exprimait sa passion uniquement à travers la sonorité d’alto. Il a formé plusieurs générations d'altistes anglais, mais il est à noter que même les meilleurs l'ont jugé extrêmement sévère, en étant parfois réduits aux larmes (sans s'en rendre compte, il a dû en décourager beaucoup). Le "Modèle-Tertis" est resté controversé.  L’altiste a dû se battre avec des luthiers comme Arthur Richardson, mais aussi Wilfred Saunders, pour imposer ses propres dimensions. Mais il se battait toujours pour l'alto, jamais pour sa propre gloire.

 

Ross Charnock

Partager cet article

Repost 0
Published by ami de l'alto - dans Articles
commenter cet article

commentaires

Les Amis de l'Alto

 

Bienvenue, chers collègues de la clé d’ut 3, sur ce blog destiné à tous les altistes (étudiants, amateurs, profes-
sionnels…) et amis de l’alto.

Vous y trouverez des informations sur l’actualité altistique, les activités de notre association (concours, articles parus dans les bulletins précédents etc…) ainsi que des pages consacrées au répertoire et au matériel pédagogique existant ou à venir. Il est bien entendu ouvert à toutes vos suggestions et aux informations que vous souhaitez y diffuser.


Bon voyage, donc, chers «altonautes», dans ce nouvel espace que nous voulons créer et développer avec vous et que nous désirons le plus proche de vos souhaits.


Altistiquement vôtre,

Michel Michalakakos.

 



Le concours National des Jeunes Altistes 2014 se déroulera au CRD d'Aix-en-Provence

Recherche

Partenaires