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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 18:07

(Article publié dans le Bulletin des Amis de l'Alto n°11 en juin 1985)

 

L’amitié d’un grand homme est un bienfait des dieux (Voltaire, Œdipe)

 

Les Amis sont dangereux, non point par ce qu’ils vous font faire, que par ce qu’ils vous empêchent de faire (H.Ibsen d’Après Gide)

 

Nous avons, en d’autres occasions, souligné les surprenants résultats obtenus par la recherche musicologique. De fait, pas une année ne s’écoule sans que de nouvelles trouvailles viennent enrichir notre patrimoine; l’engouement est tel que le grand public y porte de plus en plus d’intérêt, au point que non seulement les revues spécialisées en font état, mais souvent aussi les grands médias: il y a peu, le journal télévisé nous apprenait la découverte…aux Etats Unis de Cantates de J.S.Bach encore inconnues.

 

De surcroît, la passion de la recherche a débordé le cadre de la musicologie proprement dite; nombre de musiciens-interprêtes y ont consacré une partie de leur temps et ont à leur actif des trouvailles miraculeuses, comme ce premier concerto pour violon en ré mineur de Mendelssohn, mais au jour et édité en 1952 par Y.Menuhin, ou ce troisième concerto de Paganini retrouvé par H. Szeryng, en 1971 – pour ne citer que les plus notoires.

 

Parmi les innombrables œuvres ainsi exhumées des bibliothèques ou des greniers familiaux, les altistes n’ont pas manqué de s’intéresser au Concerto en Mib majeur pour Alto, orchestre à cordes, deux cors et clavier de Karl Friedrich Zelter, édité en 1952 par H.L.Grahl à Francfort d’après le manuscrit original découvert par MM. Mlynarczik et Kranz. Très vite, parce qu’écrite pour notre instrument, cette partition est devenue un des « classiques » de sa littérature et, du coup, son auteur, jusqu’alors presque inconnu, reconquit une certaine notoriété.

 

Zelter, sa vie, son œuvre

 

Ce musicien, dont on se souvenait à peine qu’il fut l’un des professeurs de F.Mendelssohn, a pourtant accompli une brillante carrière et, de son vivant, était considéré comme l’un des grands maîtres de la musique allemande. Né en 1758 à Berlin, fils d’un maçon, Zelter montre dès son enfance de telles dispositions pour la m usique que son père, bien que l’ayant d’abord initié à son propre métier, le fait travailler avec J.Fr Fasch, directeur de la Singakademie. Devenu après de brillantes études professeur à l’Académie Royale de Prusse, il fonde la Liedertafel, association chorale qui portera par la suite son nom, puis succède à son maître à la tête de la Singakademie, à la mort de ce dernier, en 1800.

 

Outre ses activités au sein de ces institutions, comme pédagogue et chef de chœur apprécié, on peut mettre à l’actif de Zelter l’organisation de la Bibliothèque de Berlin et particulièrement l’enrichissement de son fonds J.S.Bach, grâce auquel le vénérable Cantor, oublié depuis des décennies recouvra sa gloire, fut ardemment étudié par Mozart, Beethoven, Mendelssohn et, surtout par l’effort de diffusion de ce dernier, reconquit la ferveur et l’admiration du public mélomane et de l’élite intellectuelle.

 

Notre musicien dut la situation prestigieuse qu’il a occupée dans le monde musical de son temps à ses succès comme professeur et interprête, mais aussi comme compositeur; il n’est pas certain qu’il l’ait méritée à ce dernier titre; on sait qu’il est l’auteur de lieder, de chœurs, d’une Cantate pour la mort de Frédéric II, d’un Oratorio (L’Ascension), d’un Requiem, d’un Te Deum et…. – bien sûr! – du fameux concerto pour alto.

 

Son rayonnement dans la vie intellectuelle de son époque paraît avoir été considérable si l’on en juge par ses relations avec les écrivains, les philosophes, les poètes et, tout particulièrement avec G.F.Goethe qu’il connut dès 1790, qu’il fréquenta intimement au point que, pendant trente ans, leurs échanges épistolaires ne cessèrent qu’à la mort du poète et consistuent trois volumes d’une précieuse documentation. Devenu correspondant à Berlin du père de Faust, son influence fut telle que ce dernier s’en remettait à lui sur ce qu’il fallait ou non apprécier en musique!

Un tel ascendant n’a, hélas, pas été propice à l’Art et moins aux artistes attirés par le génial poète !

Voici, sommairement, ce que l'Histoire - et l'anecdote- nous apprend sur la manière dont ce "maître à penser musical" guidait son éminent correspondant.

 

 

Goethe et Beethoven

 

Beethoven admirait passionnément Goethe et, dès sa vingtième année, écrivit des mélodies sur des textes du poète. Je vous connais depuis ma plus tendre enfance , lui déclara t-il plus tard.

La lecture du Goethe et Beethoven de Romain Rolland (ed. du Sablier, 1930) est édifiante sur les relations des deux artistes et aussi… sur le curieux comportement de Zelter en cette circonstance. Citons quelques passages significatifs :

Depuis l’enfance, il vouait à Goethe un véritable culte… Au cours d’un entretien avec Rochlitz (musicographe et journaliste), il dira : « Goethe vit en nous et nous devons vivre avec lui….c’est pourquoi il se laisse si bien mettre en musique"

A Bettina Brentano qui, en 1810, lui avait rendu visite, Beethoven exprimera  la fascination qu’exercaient sur lui ses poésies « non seulement par leur contenu, mais par leur rythme… Je suis disposé et excité à composer par cette langue…(et il suppliait): Parlez de moi à Goethe, dites lui qu’il doit entendre mes symphonies". 

 

On connaît les liens d’amitié (amoureuse ?) qui unissaient Bettina – devenue par la suite Mme Achim von Arnim – à l’écrivain. Après avoir rencontré le musicien, elle tente un rapprochement entre les deux hommes. Mais laissons parler Romain Rolland :

Beethoven eut été très près, à cette heure (janvier 1810), de forcer les portes de la sympathie intellectuelle de Goethe, s’il ne s’était trouvé un tiers présent aux entretiens (entre la jeune femme et le poète) qui annihila les efforts de Bettine: Zelter. On sait quelle solide amitié unissait Goethe à ce brave gâche-mortier de la musique ( !)…Zelter resta, jusqu’à la fin, l’unique oracle pour la musique. A sa sincère, son obtuse compréhension, Goethe s’en remettait passivement de ce qu’il devait admirer ou rejeter.. 

 

Zelter, qui connaissait depuis longtemps le compositeur et avait été frappé par son art de l’improvisation, n’en décrêtera pas moins :

Avec admiration et effroi, on voit des feux-follets, à l’horizon du Parnasse, des talents de la plus grande importance, comme Beethoven, employer la massue d’Hercule pour écraser des mouches. On s’étonne d’abord, puis on hausse les épaules de cet étalage de talent pour donner de l’importance à des bagatelles. 

 

Plus tard au sujet de l’oratorio Le Christ au mont des oliviers: Les œuvres de Beethoven sont des monstres dont le père serait une femme ou la mère un homme….une impudicité dont le fond et le but (l’idée et l’intention) sont la mort éternelle

Et Romain Rolland de conclure:

Ce serait à rire si l’on ne pensait dans quelle oreille ce poison était versé !...... Zelter a su trouver en dix lignes tout ce qui pouvait le plus irrémédiablement éloigner Goethe de Beethoven.

 

Malgré tout,  la fameuse entrevue de Teplitz eut lieu. On en connaît le résultat négatif, que Romain Rolland explique: Goethe n’était pas assez musicien pour voir en Beethoven ce que nous voyons aujourd’hui ..

 

Il n’est pas inutile de rappeler cette rencontre – du moins, ce que les uns et les autres en ont raconté :

En juillet 1812, Goethe se rend à Teplitz, convoqué par le grand Duc de Weimar: il doit rencontrer l’Impératrice; Beethoven par hasard y séjourne depuis une semaine; le poète, «curieux collectionneur d’âmes» va le voir et ce premier contact le subjugue:

Je n’ai encore jamais vu – dira t-il- un artiste plus puissamment concentré, plus énergique, plus intérieur.

Beethoven improvise au piano; Goethe le félicite cérémonieusement ….pour son habileté digitale ( !) …du fond musical, pas un mot!

Beethoven est déçu par ce manque d’enthousiasme… Le lendemain, ils font ensemble une promenade ; l’ours génial prend sa revanche: il critique et sermone son interlocuteur pour son humilité envers les hauts personnages qu’ils rencontrent, ses saluts déférents aux aristocrates. Pour donner l’exemple, il aurait enfoncé son chapeau sur la tête en passant devant un groupe où se trouvaient l’Impératrice et l’archiduc Rodolphe (in E.Herriot – La vie de Beethoven – Gallimard). Bien que cet incident ait été contesté, il est bien dans le caractère du musicien, imbu des idées de l’Aufklärung (équivalent des lumières en France) et peu porté sur l’hypocrisie en société; pour lui un artiste ne devait pas se placer dans une situation de subordination vis à vis de la noblesse qui n’avait eu à se donner d’autre peine que de naître. Il reste que les fonctions officielles politico-diplomatiques dont Goethe était investi fui faisaient obligation de sacrifier à la vie mondaine.

 

Toujours est-il qu’entre l’écrivain-penseur et le penseur-musicien, l’incompréhension resta totale; l’entrevue sera la seule, la dernière. Mais il est probable que le poète aurait gardé son estime pour le musicien si Zelter n’avait pas, par ces sacarsmes, détruit le premier élan de sympathie.

 

 

Goethe et Schubert

 

Hélas, les traits venimeux de notre esthète berlinois ne furent pas reservés au seul Beethoven. Schubert en fut aussi la victime et d’autres, comme nous le verrons par la suite.

Schubert n’a pas encore dix-huit ans lorsqu’il découvre Goethe et est enflammé par ses œuvres. Il compose successivement Consolation des larmes, Plainte au Berger, Comme les autres, Marguerite au rouet.

 

Annette Kolb, biographe de Schubert (trad.. D.Van Moppès – Albin Michel, 1952) commente : Il n’est rien au monde de plus goethéen. Un tel phénomène d’absorbtion, de fusion spirituelle, n’a pas son pareil dans l’histoire de la musique. Un génie s’assimile à un autre génie. Le chanteur Vogl discernait là, avec raison, une espèce de seconde vue…. 

 

Lorsqu’en 1816 Schubert eut achevé la musique de quarante-quatre poèmes, ses amis pensèrent que le moment était venu d’en faire hommage à l’auteur. Le chevalier Von Spaun les accompagna d’une lettre dont la plate humilité soulève un sentiment de révolte :

Le soussigné se permet de dérober par ces lignes un instant de votre temps, si précieux, avec l’espoir que le recueil de lieder ci-joint pourrait n’être pas indifférent à votre Excellence…..Les poèmes mis en musique par un artiste de dix-neuf ans à qui la nature prêta des dons que Salieri, le Nestor des compositeurs amena à maturité avec l’amour de l’Art le plus désintéressé…. L’artiste souhaite qu’il lui soit permis de soumettre humblement ce recueil à votre Excellence, dont les magnifiques poèmes ont excercé une influence décisive sur son inspiration… Au cas où le jeune artiste serait assez heureux pour mériter la bienveillance de celui dont l’approbation l’honorerait….. j’ose vous prier de bien vouloir, d’un mot, m’autoriser à l’en instruire.

 

Le style ampoulé de cette lettre (remarque A.Kolb) n’avait évidemment rien pour exciter la curiosité de Goethe.. De telles missives lui parvenaient par douzaines… Denué de culture musicale, il s’en remettait, pour ces choses, à son intendant Zelter qui s’était lui-même – de façon assez ennuyeuse - essayé à la composition et n’était pas homme à aborder autrement qu’avec un regard dédaigneux les lieder de ce rival de dix-neuf ans (op.Cit.)

Et l’envoi resta sans réponse !

 

Nouvelle tentative dix ans plus tard. Ayant publié la musique de Cronos, A Mignon et Ganymède, Schubert l’adresse dédicacée au poète, avec une lettre encore plus pitoyable :

Votre Excellence, si je parvenais, en vous dédiant ces compositions, à vous exprimer mon admiration sans bornes…et, peut-être à obtenir quelque attention pour mon insignifiance, je tiendrais la réalisation de ce souhait comme le plus bel événement de ma vie… 

Cette fois encore, ce fut le silence – et pour cause !- Zelter avait intercepté l’envoi…

 

 

Goethe et Weber

 

En 1811, Carl-Maria von Weber âgé de vingt-six ans, est célèbre au moins dans les états allemands. Il est déjà l’auteur d’un nombre important d’œuvres instrumentales: pièces pour piano, sonates violon-piano, concertos pour basson et pour clarinette, un rondo pour alto, ouvertures, quatuors etc.

 

Ayant entrepris une grande tournée pour affirmer sa renommée de virtuose  (pianiste et même chanteur s’accompagnant à la guitare !), ses pérégrinations en Allemagne du Nord l’amènent à Weimar où Goethe ne daigna pas lui accorder grande attention. Il vaut mieux (écrira le musicien) voir les grands hommes de loin que de près.

 

A n’en point douter, il y eut du Zelter là-dessous car, quelques semaines plus tard, de passage à Berlin, Weber pénètre dans la société chorale Liedertafel pour laquelle il compose des choeurs à quatre et six voix et se heurte à l’hostilité de son directeur (Zelter), ce vieil homme taillé à coups de serpe (A.Coeury – Weber – Alcan, 1925)

 

Adepte du Strum und Drang (philosophie proche de l’Aufklärung déjà cité) ouvert aux idées du Romantisme naissant, ce sont –selon A Coeuroy- ces tendances qui lui aliénèrent Goethe plus que les racontars perfides de Zelter (op.cit.). Admettons, mais soulignons au passage qu’il y eut des racontars et notons cette appréciation sur le Freischütz dans une lettre de notre censeur à son correspondant-poète : un rien colossal tiré d’un petit rien (M. Schneider, Hoffmann,  Juillard, 1979)

 

Il n’est pas excessif de relever avec quelle unanimité les épithètes sans complaisance pleuvent sous la plume des biographes qui se sont penché sur le cas de notre « famulus-musicien ».

 

 

Goethe et Berlioz

 

Ayant publié, en 1829, ses Huit scènes de Faust, première esquisse de la Damnation qui ne verra le jour qu’une vingtaine d’années plus tard, Berlioz adresse sa partition à Goethe qui – inévitablement! - consulte son conseiller. Ce dernier décrête :

Certaines gens ne peuvent indiquer leur présence que par des expectorations bruyantes, des éternuements, des croassements…..M Berlioz paraît être de ces gens là… 

Expectorations, éternuements, croassements….Voilà ce qu’est pour Zelter, la musique du père d’Harold en Italie! La postérité s’est chargée de rétablir la balance entre le maigre créateur imbu de rigidité académique et le musicien français novateur de génie. Mais cette condamnation qui se veut ironique, quasi-infamante, eut l’effet escompté: Goethe laissa sans réponse (ne serait-ce que par simple courtoisie) la manifestation de déférente admiration du musicien que l’Europe entière accueillera et fêtera quelques années plus tard.

 

 

Quelques considérations….morales

 

Un bien curieux personnage, ce Karl-Friedrich Zelter !

Musicien techniquement qualifié, assez heureux pour jouir de la considération du monde intellectuel de son pays, vivant dans l’intimité spirituelle d’un grand écrivain, il fit jalousement le vide autour de celui-ci, s’arrogeant le droit d’écarter de son orbite tous ceux qui, en musique, émergeaient de la banalité ordinaire des besogneux de l’Art.

Fut-il sincère (comme le pense Romain Rolland) et croyait-il de son devoir de séparer le bon grain de l’ivraie  dans l’intérêt du poète ? Ou bien agissait-il sous l’effet d’une jalousie morbide, dénigrant ceux dont il décelait au fond de lui même la supériorité écrasante. La question restera sans réponse.

 

Bon musicien, certes, mais créateur sans imagination, sans inspiration, sans grands dons pour sortir d’un style déjà rétrograde en son temps, Zelter a eu peut-être la malchance de naître en une époque étonnamment riche en personnalités musicales d’exception, d’où émergent les trois « sommets » de l’Art classique – Mozart, Beethoven, Schubert – qui ouvrirent la voie aux grands romantiques. Il est peu douteux qu’il n’eut pas conscience de son état de « manœuvre musical », confronté à la magnificence des grands « architectes » de l’Art des sons.

 

Si pour l’altiste, le Concerto en Mib majeur présente l’indéniable avantage d’avoir été écrit pour son instrument, tranchant ainsi sur le lot quotidien des multiples transcriptions, tombant bien « sous les doigts », mettant habilement en valeur les qualités sonores, on ne peut dire qu’au plan de l’imagination musicale, de l’inspiration, cette partition – qui présente bien des analogies avec le style de Mannheim, antérieur d’au moins une génération -  puisse soutenir la comparaison avec les œuvres qui lui sont contemporaines: songeons à la Symphonie concertante K.364 de Mozart (de deux ans à peine l’ainé de Zelter), à la musique de chambre de Beethoven (auquel il survécut cinq années bien que né douze ans avant lui) et même à Harold en Italie (bien que cette œuvre ait été publiée deux ans après sa mort)…

 

Nous ignorons si les grands maîtres, ses contemporains, tenaient la musique de Zelter en estime. On peut toutefois remarquer que Mendelssohn, son élève déférent et affectueux, qui lui adressait d’Italie de longues missives commentant la musique de la semaine sainte au Vatican, apprenant sa mort, exprime dans une correspondance à ses parents son profond chagrin; mais il s’abstient de faire l’éloge du musicien, du compositeur.

 

Mais Zelter eût-il été un grand créateur, son attitude envers les musiciens qui tentaient d’approcher Goethe n’aurait pas été moins indéfendable. On ne peut s’empêcher de comparer son comportement à celui d’un autre de ses contemporains, Joseph Haydn, qui en pleine maturité de son art, jouissant d’une renommée universelle, déclarait à Léopold Mozart:

Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme: votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse…  (Wolfgang avait alors 29 ans et Haydn, 53 !).

Peu après, le père de la symphonie, répondant aux propositions du directeur du théâtre de Prague qui, ayant renfloué son établissement grâce au succès du Don Giovanni, lui demandait de lui céder un de ses opéras, écrivait: .... Je risquerais d’entrer en compétition avec le grand Mozart… Si seulement je pouvais graver dans l’esprit de tout ami de la Musique… les inimitables travaux de Mozart… par Dieu, les nations rivaliseraient pour avoir ce joyau chez elles (in W.A. Mozart par J et B Massin, Fayard)

On le voit, d’un côté l’exclusivité jalousement défendue de la fréquentation d’un écrivain, de l’autre, la sincérité, la grandeur d’âme au détriment de ses propres intérêts !

 

Il faut mettre un point final à cette lamentable histoire qui ternit l’image d’un bon serviteur de la Musique tout autant que celle d’une des plus grandes figures de la poésie de tous les temps.

La querelle des anciens et des modernes est de toute éternité. Les rivalités entre artistes ont toujours été et sont encore monnaie courante. Mais de tous les antagonismes que l’Histoire a retenus, peu paraissent avoir eu des conséquences aussi désatreuses que celui que nous venons de relater. Comment ne pas songer à ce qu’aurait pu être le fruit d’une collaboration harmonieuse entre Goethe et Beethoven ! L’humanité a probablement perdu la chance de connaître un Faust, drame lyrique né du cerveau de l’auteur de Fidelio….

 

Ps : Au début de cet article, nous avons relevé l’annonce faite pour un journaliste télévisé de la découverte en Amérique de « cantates » de J.S.Bach. En réalité il s’agissait de 38 chorals pour orgue, dont 33 inédits, retrouvés à la Bibliothèque de l’université de Yale (Connecticut). Dont acte !

Moralité: s’il est réjouissant que la grande presse s’intéresse aux choses de la Musique, il faut accueillir avec quelque circonspection les nouvelles qu’elle diffuse.

Par ailleurs, il est surprenant qu’un si grand nombre de compositions soit resté inaperçu dans les archives de l’Université de Yale, dont le Département de la Musique de ne doit pas manquer d’archivistes-conservateurs.

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